Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

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21 messidor, et que toujours je menthe!

In Trucs et machins. on 9 juillet 2015 at 12 h 26 min

Amis qui aimez l’été ! Amis qui aimez le frais, non, ce n’est pas incompatible ! Amis qui aimez à faire roulez les têtes dans la sciure, amis qui ne pensez qu’à faire tourner les chefs ! Ce jour est le vôtre ! Nous sommes le 21 messidor ! Et aujourd’hui, sonnez glaçons, résonnez vieux rhum, nous fêtons la menthe ! Laissez le citron vert vous emporter, laissez la glace vous prendre, ensemble crions de joie au génie de ceux qui, il y a deux cents ans et quelques brouettes, eurent, bien avant les café bobo, l’idée de mettre en avant l’un des ingrédients du très fameux Mojito ! Alors enivrons nous aux parfums révolutionnaires venus des terres hospitalières de La Havane, viva l’été, viva la menthe et, que voulez vous, il n’appartient pas au révolutionnaire d’être modéré, allons, paille à la main, perdre la tête au bar !

menthe

19 messidor, sur le gâteau!

In Trucs et machins. on 7 juillet 2015 at 8 h 43 min

Amis dont la fête tombe le 14 de ce mois, mais sans doute serait il plus juste de dire le 26 messidor, amis dont les saints sont sans tête, à force de l’avoir fait perdre aux autres, amis, sachez qu’aujourd’hui, nous sommes le 19 messidor ! Et en ce jour, nous célébrons la cerise qui, chez les adeptes du grand chambardement, reviendras quelques décennies plus tard afin que son temps soit chanté  ! Elle est là, sur notre gâteau nouveau, sucrée, charnue, brillante, appétissante, rouge, terriblement rouge, mais avec un noyau ! Donc, pour ce jour, faites chauffer les fours, faites tourner les mixers, mélangez la farine, le beurre,le sucre, faites fondre le chocolat et pour mettre tout en haut, je vous apporte la cerise ! Ne me dites pas merci, c’est de bon coeur !

Cerisier-coul

Ce week-end j’ai pris le train…

In Trucs et machins. on 6 juillet 2015 at 10 h 00 min

Ce week-end j’ai pris le train, notez bien que je n’ai pas fais que ça, mais, ce week-end, j’ai pris le train. Je m’y suis essayé à croquer mes voisins, en deux lignes, en trois mots… Voilà, c’est tout.

Elle n’avait pas de menton, mais elle se payait quand même me luxe de l’avoir en double.

C’était un enfant qui ne ressemblait pas encore à grand-chose, accompagné d’un père qui ne ressemblait déjà plus à rien.

Elle avait autant le sein affolant que le menton absent.

Il avait acheté le figaro et l’équipe. Il avait lu le second et regardé les images du premier. C’était bien un homme du XXI siècle.

Du train, on voyait très bien qu’il n’y avait rien à voir dans le coin.

L’un de ses seins lui tombait sur la taille. L’autre aussi.

Il croquait dans ses chips comme si le bruit produit devait couvrir celui du monde qui s’effondre.

Le train avançait à prix d’or sur des rails d’acier et un soleil de plomb.

Pour se faire croire qu’elle avait des amis, elle avait deux téléphones et s’envoyait des messages de l’un à l’autre.

À la vitesse où nous avancions, il aurait été facile à des Indiens de nous attaquer, même sans chevaux !

Elle ressemblait à s’y méprendre à une de mes amies dont j’avais oublié le visage.

Il était écrit quelque part qu’il n’aurait jamais rien à dire.

Il me proposa de lire l’équipe avant le figaro. C’était la première fois de ma vie que je passais pour un sportif.

De dos il aurait pu passer pour Sean Connery. De face il ne passait pas du tout.

Elle s’était trompée de place dans le train aussi sûrement que d’habits le matin.

Ils vivaient le grand amour sur le petit écran de leurs iPad.

Il avait deux enfants dont l’un n’était pas de lui. Il faisait semblant de croire que cela ne se voyait pas.

Elle le regardait avec les yeux d’un lapin dans les phares d’une voiture. Il l’écrasait aussi sûrement que l’aurait fait la voiture.

Elle s’endormit en lui bavant sur le bras. Il attendit son réveil en rêvant de s’échapper. Elle se réveilla… Trop tard !

Il aurait adoré qu’elle fût belle. Elle avait rêvé qu’il soit beau. Ils s’étaient bien trouvés.

Il contrôlait les billets dans le train et pas grand choses dans sa vie.

Il espérait un retard du train qui lui aurait donné un sursis. Il n’allait pas jusqu’à souhaiter un déraillement qui aurait accompagné celui de sa vie, mais il aurait adoré un changement de voie, un aiguillage.

Il aurait pu marcher plus longtemps, mais pour cela, il aurait fallu qu’il retrouve une paire de jambes.

Il avait rêvé d’être riche. Maintenant il avait des billets pleins les mains, dommage qu’ils soient de train !

C’était une rebelle ! Bien que ce ne fusse pas la saison, elle s’était enturbanné comme un œuf de Pâques.

Il avait un physique à jouer au rugby et une démarche à porter un tutu.

Les ampoules qu’il avait aux pieds éclairaient assez bien sur la façon qu’il avait eue de préparer sa marche.

Elle avançait dans les couloirs du train comme une oie ivre bien qu’elle a la tête d’un bull-dog à jeun.

Il faisait tellement chaud dehors qu’il se servait d’un sèche-cheveux comme d’un ventilateur.

C’était le nettoyeur de chiotte le plus rapide du monde. Il officiait à 300 KM/ h dans le TGV.

Dans le TGV les tunnels donnent la courte nostalgie des trains couchette.

Elle entra encombrée dans les toilettes, elle en sortit embarrassée.

Quand il découvrit ses voisins de carré, il lui prit l’envie de relire Sartre.

Ayant pris du ventre il ne pouvait plus voir ses pieds, ceux-ci le lui rendaient bien en lui faisant mille ampoules.

À la fenêtre du train, il regardait passer les vaches.

Le tracteur arpentait le champ, crachant ses bottes de paille aussi sûrement qu’un cochon d’Inde ses petites crottes noires.

Il semblait réfléchir alors qu’il se savait bien en être incapable.

La fin du voyage s’annonçait longue quand déjà le début n’en finissait pas !

Il avait gardé sa casquette dans le train, sans doute le croyait-il décapotable.

Pour voyager plus confortablement il s’endormit et rêva qu’il était en première.

Pas une seule vache ne leva la tête pour le regarder passer. Chez les bovidés le train était passé de mode.

Dans un champ il pouvait contempler ce qu’il n’avait plus en poche, des champs de blé à l’infini.

L’horizon se couvrait d’emmerdes et le ciel de nuages.

Il venait d’aller plus loin en deux jours à pied qu’il n’aurait pu le faire en avion dans le même laps de temps.

Il avait pris une bière la veille de son accident. Le lendemain on l’y allongeait.

Son train arrêté sous un pont, il mit bien trente secondes à réaliser qu’il contemplait rêveusement un mur de béton.

Elle aurait pu se contenter d’être moche. Elle choisit en plus d’être vulgaire.

Sa mère lui avait tellement dit de finir ses céréales au petit déjeuner qu’il ne laissait jamais une goutte au fond de son verre de whisky.

Elle avait sur son t-shirt le tigre qu’elle ne semblait pas avoir sous le capot.

D’aussi loin qu’il se souvenait il avait toujours tout oublié.

Il avait gardé ses lunettes noires au cas ou il croiserait quelques célébrités. Il aurait détesté que son anonymat ne soit point reconnu.

Il y avait sans doute plus déprimant que de regarder par la fenêtre d’un train, mais il ne se souvenait pas quoi.

Chacune de ses fesses retombait de chaque côté d’un tabouret qui n’avait sans doute rien fait pour mériter cela.

Elle aurait dû se trouver laide, mais elle préféra se chercher du talent.

Il comptait plus souvent sa monnaie que ses amis ne pouvaient le faire sur lui.

Sans doute aurait elle adoré qu’il soit intelligent, mais ni lui ni elle ne savait vraiment ce que cela voulait dire.

Il avait un écouteur sur chaque oreille et pas grand-chose entre les deux.

Il croyait jouer avec elle comme un chat avec une souris, elle s’amusait avec lui comme un tigre avec une chèvre.

Elle laissait dépasser la bretelle de son soutient gorge comme la promesse d’un bonheur à conquérir.

Personne ne l’aurait jamais prise pour une intellectuelle et si elle l’avait su, elle en aurait conçu une tristesse infinie.

D’un de ses téléphones il envoyait des messages, de l’autre il passait des appels. L’un était muet, l’autre aveugle.

À lui on aurait donné le bon Dieu sans confession, à elle, une bonne paire de claques.

Il en avait fini avec sa fortune, il ne lui restait plus que du temps à perdre.

Il avait gagné sa vie sans perdre de temps.

Il avait perdu ses cheveux, elle avait trouvé des kilos.

Quand il regardait son avenir, il prenait son passé dans la gueule !

Elle était belle comme le jour, lui il valait mieux le voir de nuit, ils formaient un beau couple.

Pour faire plus vieux que son âge, il aurait fallu qu’il soit mort.

En regardant par la fenêtre il voyait son propre reflet, il trouvait qu’il faisait un assez beau paysage.

Les deux frères aimaient à se détester, le premier pourrissait la vie du second qui le lui rendait bien.

Il lui était manifestement plus facile de passer pour un con que de passer un examen, fut-il d’urine.

De loin sa silhouette la faisait passer pour jeune, de près sa peau faisait passer toute envie.

Ils n’avaient pas des têtes à être ensemble et il se trouve qu’ils ne l’étaient pas.

Elle adorait être aimée autant qu’elle aimait détester.

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