Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

Brèves de Brive (3)

In Actu-book. on 14 novembre 2017 at 10 h 11 min

Faire chanter ses ex !

 

Pierre-Augustin aurait adoré le train du livre, lui qui disait que tout finit par des chansons, il aurait, avec nous, poussé la chansonnette de Brive jusqu’au quai d’Austerlitz ! Mais voilà, Pierre-Augustin est mort, vive Pierre-Augustin.

À défaut de ce Caron-là, il y avait du beau monde dans notre wagon. Quelques auteurs fraîchement primés, peut-être aussi quelques un déprimés de n’avoir point assez signé, de ne s’être pas aussi bien vendu que d’autre qu’ils pensent être des (ici, il convient de trouver un mot qui finit pas un « u » et, dans l’immense bonté qui est la mienne, dans le souci pédagogique que j’ai de vous faire partager un peu les affres et les petits bonheurs du métier d’auteur, je vous laisse quelques points, un blanc, pour y laisser votre trace, inscrire votre mot) ………, il y avait aussi des inconnus qui se voulaient faire connaître, des plumes célèbres au minois anonyme, il y avait des folles aux visages de vierges et qui sait peut être quelques vierges aux visages de folles, il y avait en somme de quoi faire lire la moitié de la France pendant les deux tiers d’une année. Mais, et c’est bien là le plus important, il y avait surtout un clavier, sans queue ni pédale, peinant à transposer, mais un clavier !

Le premier à s’y coller fut Jean-François qui, de ses neuf doigts et demi, fit des miracles. Baptiste vint à la rescousse et, après s’être chauffé un peu les mains, mit le feu au wagon, en bon journaliste, il fit chanter les auteurs.

Alors, sortie de la brume comme un gorille, mais en plus jolie, et justement ce soir-là comme tous les jours depuis quelques années sans les gorilles, surgit une robe rouge dans laquelle chantait l’Ex. Elle avait du roi été la favorite avant que ce dernier, d’un trait de tweet, ne la répudie et lui préfère une actrice. Les rois sont comme ça cruels et changeants. Avoir les rennes en mains aide, paraît il, a changer de reine. Elle était venue, en 2012, avec escorte, motards, forces polices, journaliste en meutes, les tapis se déroulaient sous ses pas, le monde entier lui embrassait les pieds, jamais cette année-là elle n’aurait pu, mais l’aurait-elle voulu, chanter avec nous. Est-ce un hasard, allez savoir, mais l’autre soir, comme nous, elle chanta « être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile ». Puis le train est arrivé, Paris nous a tendu les bras de ses longs quais froids. La robe rouge a enfilé un manteau, a attrapé sa valise et est descendue seule du train, point de porteur, foin des honneurs, elle a marché au milieu de nous tirant toute seule son bagage.

Ah, il y avait aussi un chanteur d’exception, Sylvain, il fut notre kapellmeister, auteur de polar, écrivain du crime il chantait comme un ange.

Et Pierre Augustin avait tort, tout ne finit pas des chansons, tout finit sur un quai, mais Pierre-Augustin avait-il seulement pris le train ?

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