Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

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Montreuil!

In Actu-book. on 29 novembre 2018 at 10 h 55 min

Et si vous passiez me voir ?
Demain je suis là !
Et là aussi !
Demain je suis là bas !

Et c’est pas fini…

In Trucs et machins. on 26 novembre 2018 at 10 h 32 min

Ce week-end j’ai dédicacé. Encore ! Encore ! crieront les plus étonnés d’entre vous. Où, où ? s’exclameront ceux qui ont dans leurs ancêtres des hiboux et qui auraient voulu m’y voir. Et alors ? s’étonneront qui n’en ont pas grand-chose à faire, et à qui du coup je serais en droit de dire : « Mais alors, pourquoi êtes-vous en train de me lire ? » (Il me semble en effet que la question se pose !) Samedi j’étais à Reims, j’ai regretté que personne ne vienne orner mon front d’une couronne ou oindre mes mains d’huile sacrée, roi des auteurs, avouez que ça aurait eu de la gueule ! Dimanche j’étais à Rambouillet et c’était bien aussi. Mais surtout, ce week-end, j’ai rencontré : Matthieu, Sixtine, Marion, Victoire, Margot, Maxence, Clarence, Victoire, Enguerrand, Pierre et Nicolas, Maxence, Myriam, Alienor, Éloi, Kostia, les Cercus, Gaétane, Éloi, Adélaïde, Baudouin, Timothée, Louise, Bérénice, Perrine, Honoré, Alix, Quitterie et Matthieu, Marien, Isabelle et Augustin, Marie Aimée, Clarisse, Tugdual et Azenor, Mathias, Jean, Astrid, Laure, Louis, Foucauld, Anne (Pouille-pouille), les Gouvello, Nicolas et Nadine, Arthur, Capucine, Barthélemy, Suzanne, Clémence, Augustin, Philippine, Xavier, Côme, Thomas, Clémence, Aristide, Marie, Matthieu, Gabrielle, Ombline, Albane, les Bily, Zacharie, Clément, Thomas et Emma, Bonaventure, Angelico, Léon, Diane, Côme, Ombline, Albane, Andéol, Chloé, Marie, Jean, Ambroise, Alix, Cyriaque, Celestin, Pia, Albane, Philippine, Clotilde et enfin, Alix.
Voilà, ce week-end j’ai dédicacé et le week-end prochain… je recommence.

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Et si vous sortiez?

In Trucs et machins. on 22 novembre 2018 at 11 h 46 min

Le week-end prochain je dédicace.

Samedi je serais à Reims, ville des bulles, dans anges qui sourient, des biscuits roses et des livres que l’on achète le samedi. Alors, que vous soyez à Reims, vous viendrez à pince, à Paris, vous prendrez le taxi, à Laval, ça sera à cheval, venez de Berlin, il y a des trains, de Bornéo, à vélo, de La Valette en trottinette, de la lune si ça vous chante, mais venez ! Non mais !

(Mais en quelle langue faut-il vous dire que vous n’aurez pas toujours la chance de m’avoir et qu’il faut en profiter… Quand même, faites un effort !)

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Que faites-vous dimanche?
Rien? Comme c’est dommage, passez donc me voir! Je serais au marché de Noël de la paroisse de Rambouillet, j’y dédicacerais ce que la littérature actuelle fait de mieux… Mon oeuvre! Allez, hop, à cheval, en mouton, en calèche, en mouflon, on cours on vole on vient! A dimanche!

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Drôles de rencontre à cet endroit…

In Trucs et machins. on 16 novembre 2018 at 10 h 50 min

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Drôles de rencontre à cet endroit…

J’écris pour les enfants, de 8 à 12 ans pas très précisément, souvent ils viennent avec leurs parents, quelques fois sans. Quand l’écrivain, entendez par là celui qui travail à l’élévation des âmes adultes, rencontre son public, il lui faut lever la tête, rare exercice d’humilité pour certain d’entre eux, plus prompts à tout voir depuis l’Olympe ou ils se sont auto-installés. Quand l’auteur jeunesse, cet être qui fait des phrases, qui raconte des histoires, mais ne saurait que très rarement faire de la littérature, rencontre son public, il a le privilège de le voir en face, de regarder son lecteur dans les yeux. Auteur pour enfant, je dédicace à leur hauteur et, même si ça ne dépasse que très rarement 1,4 m, croyez-moi, ça ne manque pas d’élévations. Ils sont capables d’admiration, de dire qu’ils aiment, de ne pas aimer et de le dire aussi. Crûment quelques fois, mais jamais cruellement, c’est comme ça, entre eux ils peuvent être loups, avec moi ils ont toujours été choux. Il y a bien longtemps que je ne fais plus partie de leurs tribus, que j’ai quitté les rives de l’enfance, pourtant, il me laisse croire que je peux revenir y habiter encore un peu. Ces gens-là sont accueillants. Il m’est arrivé une drôle de chose, ce n’était pas à Brive, c’était il y a quelques semaines, au Mans. Un couple vient pour se faire dédicacer un tome des « folles aventures de la famille Saint-Arthur ». Ils devaient avoir 40 ans tous les deux, « C’est pour elle » me dit-il, en désignant celle qui semblait être sa moitié. J’aurais pu m’étonner qu’a cet âge-là on me lise encore, mais justement, quel âge avait ils vraiment. Sur leur papier d’identité, la date inscrite leur donnait sans doute l’âge d’être parents, dans la réalité, je crois bien qu’ils étaient, tous les deux, à jamais des enfants. J’ai dédicacé pour elle comme pour tous les autres, mais cette fois-ci en levant les yeux. Ils sont repartis, heureux, lui protecteur, elle souriante. Ce jour-là les lecteurs affluaient, ça arrive quelquefois, je suis passé au suivant, refermant cette porte ouverte sur un monde où l’enfance est une éternité. L’histoire aurait pu s’arrêter là si, quelques instants plus tard, une des bénévoles du stand sur lequel je signais ne m’avait raconté la suite. Sortie quelques minutes, elle était passée devant les tables à piquenique qui attendaient que le lecteur se change en mangeur. À une des tables, il y avait mon petit couple, tous deux assis, elle écoutant, lui lisant mon livre à haute voix. J’écris pour les enfants, le plus souvent de 8 à 12 ans, mais quelques fois ils sont plus grands. Et c’est bien.

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Devine qui vient dîner ce soir

In Trucs et machins. on 15 novembre 2018 at 20 h 11 min

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Devine qui vient dîner ce soir.

Dis-moi avec qui tu dînes, je te dirais qui tu es ! La journée de dédicaces finie, une fois les crayons posés, une fois passée l’effervescence des foules en délires qui se ruent sur nos personnes et nos livres pour ouvrir les uns et toucher les autres, quand sonne l’heure du dîner, l’auteur briviste se pourlèche les babines. Il sait que ici le bonheur se vit aussi assis. Donc, c’est dans un établissement cossu, feux dans la cheminée, piano et serviettes damassées, que nos séants choisissent de siéger. Et là, c’est un festival. Juste à côté de nous, trône un homme qui, pour un scooter et des croissants, perdit son fauteuil. Plus loin, une auteur célèbre prouve, sous un chapeau qui en la cachant ne fait que la montrer, que les fruits pourris c’est bien mignon, mais qu’il n’y a pas que ça dans la vie. Plus haut, un chanteur des années 80 vit, sans le voir, un festival qu’il enchante. De-ci de-là, des gloires de la plume passent auréolé du mystère qu’elles cultivent, quelques traits sont tirés, quelques peaux aussi, quelques stars ont vieillis, on en voit une qui fut reine de la nuit. À la fin, le piano, bon enfant, donne la note quand l’assemblé s’égosille plus ou moins juste. Tant de voix qui ne sont plus pour moi se dit l’homme aux croissants qui, cette fois encore, fit venir la pluie, tant de plumes et pas un boa, pense celle qui fut Zora. La soirée se termine dans des liqueurs où se noient les prix manqués où naissent les rêves des succès de demain.

C’est pour toi ?

In Trucs et machins. on 14 novembre 2018 at 20 h 48 min

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C’est pour toi ?

Je crois qu’il me faut faire un aveu. J’aime dédicacer. C’est quand même une chose bien étrange à la fin que d’être assis là, derrière ses piles, à attendre qu’on vienne vous lire. Je ne sais pas pour qui écrivent mes petits camarades, pour eux, pour personne, pour leur éditeur, pour la gloire, pour vivre, que sais-je encore. Quant à moi, il me semble que j’écris pour ce jeune lecteur qui s’avance. Hésitant pour certains, conquérant ou à reculons pour d’autres, souriant ou fermé, celui qui connaît mes livres, celui qui ne les a jamais vus, l’un qui ose les ouvrir, l’autre pas, ce jeune lecteur qui soudain lève la tête et les veut tous, cet autre qui n’en veut aucun et derrière lequel ses parents insistent pour qu’il « essaye, au moins un », celui qui regarde et d’un haussement d’épaules me dit très sûrement « c’est de la merde », tandis que derrière lui ses parents me lancent un « on va réfléchir » de politesse, qui veut dire, « excuser le… Mais vous avez vous aussi des enfants, vous savez comment ils sont ». Alors il y a ce moment où mon lecteur, peut-être l’est il déjà, peut-être est-ce un futur, me tend le livre maladroitement et, où je lui demande, « C’est pour toi ? », alors tout commence. Je crois qu’il me faut faire un aveu. J’aime dédicacer.

À ses heures, Versailles a ces ors.

In Trucs et machins. on 14 novembre 2018 at 19 h 06 min

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In Trucs et machins. on 13 novembre 2018 at 19 h 32 min

Donnez-nous notre train quotidien

Rarement j’ai pris le train de bonne heure, ce matin-là ne fit pas exception. Il était donc neuf heures trente quand nous quittâmes la gare. Jamais un allez retour Paris Brive, Brive Paris se fit si rapidement, il était dix heures trente quand nous revîmes Paris. « Ne riez pas, nous dit le conducteur dans son micro, nous nous sommes trompé de direction. » Ainsi, comme souvent quand on écrit, nous fîmes demi-tour, retournâmes d’où nous venions pour mieux repartir et arriver là ou nous allions. Un train d’écrivains ne se trompe pas, il cherche une voix.
L’éditeur, qui est une mère pour son auteur et sait ses fragilités, avait, pour nous chouchouter, nous ses auteurs, prévus moult accompagnatrice, la féminisation de l’écriture est chose agréable. Camille, Saubahe, Charlène, Sévérine, Raphaëlle, Mathilde, Marie, nos anges avaient de bien jolis prénoms.
Et puis, la chère est faible et l’esprit fragile quand ils sont à jeun, vint l’heure tant attendue du panier qui bien que d’osier synthétique, contenait des choses fort sympathiques, ces mets magiques qui devaient nous donner la force d’affronter le voyage. Le vin blanc, côtoya le génépi, les amuses bouches appelèrent le vin rouge, les cèpes précédèrent le foie gras qui suivit la tourte farcie, qui fit les yeux doux à la charcuterie avant que le rocamadour ne mettent tout le monde à genoux, c’est en prière que nous prîmes le désert : tiramisu à la liqueur de châtaigne, tarte amandine aux pèches caramélisées, avant qu’une vielle prune ne nous donne l’absolution… Le paradis existe je l’ai rencontré, il roule une fois par an en direction de Brive.
Hommes de peu de fois, ou femmes, je m’en voudrais d’exclure ainsi de mon propos cette moitié de l’humanité qui est de loin le meilleur de l’autre, vous qui ne croyez plus en la SNCF, revenez en son saint, revenez communiez avec elle ! Et comment me direz-vous, comment faire pour accéder à ce Graal, comment voir les portes de l’Eden s’ouvrir devant vous ? Comment ?
Écrivez !

Adieu Stan!

In Super Héros. on 13 novembre 2018 at 11 h 23 min

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C’est fini…

In Trucs et machins. on 12 novembre 2018 at 11 h 07 min

Ce weekend, c’était la foire du livre de Brive.

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Et ça commence dans le train.

Puis ça continue avec des livres…

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Et ça se poursuit avec des tas de rencontres, d’échanges, de sourires, de rires et puis… C’est fini, il faut reprendre le train et rentrer à la maison.

Alors voilà, c’est fini. C’était bien, c’était Brive. Il y avait des tas d’auteurs, des connus, des inconnus, des célèbres, d’autres qui aimeraient l’être, des stars discrètes et de tapageurs anonymes, tous, nous étions tapis derrière nos tas de livres, attendant nos lecteurs comme un coq le soleil. Alors, un grand merci à Léon, Clément, Valentin, Louise, Poema, Charlotte, Eugénie, Charlotte, Romain, Anaïs, Sixtine, Romain, Marguerite, Agathe, Amélie, Alix, Sharon, Enzo, Raphaël, Sixtine, Samuel, Coline, Hélia, Maïa, Marie, Julien, Charlotte, Émilie, Maëlle, Neli, Clément, Paul, Violette, Clotilde, Hortense, Guillaume, Beaudouin, Thibaut, Coraline, Hippolyte, Gabriel, Clémentine, Swann, Soane, Naya, Adrien, Juliette, Thiméo, Arthur, Ethan, Mona, Merlin, Aloys, Léonard, Éléonore, Elina, Clémence, Chloé, Alice et Luc, Nicolas et Sonia, Clémentine, Nathan, Juliette, Olivia, Lucie et Kadour, Alexis, Elina, Cyrielle, Beatriz, Jean-François, Marc, Thomas, Arthur, Téophile, Romain, Faustine, Romane, Marine et Shandy, Yann, Nathalie, Jeanne et enfin, Maxence, lecteurs qui sont venus me voir, qui sont venus me saluer, me parler, échanger, rire un peu aussi, raconter des tas de bêtises, ou des choses plus sérieuses, mais surtout, qui sont venus donner vie à mes livres et leurs héros de papier. Merci, merci, merci !
Voilà, maintenant c’est fini… Mais non, ça ne fait que commencer ! À très bientôt pour la suite.

Parlez vous l’indonésien ?

In Trucs et machins. on 8 novembre 2018 at 16 h 40 min

Parlez vous l’indonésien ?
Non? Moi non plus… et pourtant, voilà que je l’écrit ! Allez, bonne lecture aux plus forts! Et, si par le plus grand des hasards il se trouve parmi vous une personne lisant cette belle langue, je lui envoie un livre. Avis aux amateurs !

Brèves de Brive, épisode 4.

In Trucs et machins. on 8 novembre 2018 at 9 h 00 min

Brèves de Brive, épisode 4. Et voilà, c’est la fin, alors que tout commence demain. Venez vivre avec moi ce que je vivrais dimanche soir, voyager dans le temps, reculez d’un an pour avancer de quatre jours! Bon voyage.

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Faire chanter ses ex !

 

Pierre-Augustin aurait adoré le train du livre, lui qui disait que tout finit par des chansons, il aurait, avec nous, poussé la chansonnette de Brive jusqu’au quai d’Austerlitz ! Mais voilà, Pierre-Augustin est mort, vive Pierre-Augustin.

À défaut de ce Caron-là, il y avait du beau monde dans notre wagon. Quelques auteurs fraîchement primés, sans doute quelques un déprimés de n’avoir point assez signé, de ne s’être pas aussi bien vendu que d’autre qu’ils pensent être des (ici, il convient de trouver un mot qui finit pas un « u » et, dans l’immense bonté qui est la mienne, dans le souci pédagogique que j’ai de vous faire partager un peu les affres et les petits bonheurs du métier d’auteur, je vous laisse quelques points, un blanc, pour y laisser votre trace, inscrire votre mot)………. Il y avait aussi des inconnus qui voulaient se faire connaître, des plumes célèbres au minois anonyme, il y avait des folles aux visages de vierges et qui sait peut être quelques vierges aux visages de folles, il y avait en somme de quoi faire lire la moitié de la France pendant les deux tiers d’une année. Mais, et c’est bien là le plus important, il y avait surtout un clavier. Un pauvre piano électrique, sans queue ni pédale, peinant à transposer, mais un clavier !

Le premier à s’y coller fut Jean-François qui, de ses neuf doigts et demi, fit des miracles. Baptiste vint à la rescousse et, après s’être chauffé un peu les mains, mit le feu au wagon, en bon journaliste, il fit chanter les auteurs.

Alors, sortie de la brume comme un gorille, mais en plus jolie, et justement ce soir-là comme tous les jours depuis quelques années, sans les gorilles, surgit une robe rouge dans laquelle chantait l’Ex. Elle avait du roi été la favorite avant que ce dernier, d’un trait de tweet, ne la répudie et lui préfère une actrice. Les rois sont comme ça cruels et changeants. Avoir les rennes en mains aide, paraît-il, à changer de reine. Elle était venue, en 2012, avec escorte, motards, forces polices, journaliste en meutes, les tapis se déroulaient sous ses pas, le monde entier lui embrassait les pieds, jamais cette année-là elle n’aurait pu, mais l’aurait-elle voulu, chanter avec nous. Est-ce un hasard, allez savoir, mais l’autre soir, comme nous, elle chanta « être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile ». Puis le train est arrivé, Paris nous a tendu les bras de ses longs quais froids. La robe rouge a enfilé un manteau, a attrapé sa valise et est descendue seule du train, point de porteur, foin des honneurs, elle a marché au milieu de nous, tirant toute seule son bagage.

Ah, il y avait aussi un chanteur d’exception, Sylvain, il fut notre kapellmeister, auteur de polar, écrivain du crime il chantait comme un ange.

Et Pierre Augustin avait tort, tout ne finit pas des chansons, tout finit sur un quai, mais Pierre-Augustin avait-il seulement pris le train ?

 

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In Trucs et machins. on 7 novembre 2018 at 16 h 13 min

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Les folles nuits du Salon

In Trucs et machins. on 7 novembre 2018 at 9 h 14 min

Brèves de Brive, épisode 3. Vous allez finir par croire que je passe ma nuit en boîte. Il n’en est rien, mais que voulez-vous, dans la vie d’un auteur, certains moments marquent plus que d’autres. Et dans deux jours, le train…

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Les folles nuits du Salon

On savait les politiques habitués à valser. On leur connaissait cette facilité aux contorsions les plus diverses qui leur font l’échine souple et la conscience élastique. On les savait prompts à passer du coq-à-l’âne, de Charybde en Scylla, des finances à la culture, de l’intérieure à l’agriculture, mais je dois avouer que jamais je n’avais vu un de ces grands fauves passer directement des feux de l’actualité à ceux d’une boîte la nuit. Sous mes yeux ce soir-là, celui qui, il y a peu encore, implorait Cérès de lui être favorable, agitait dignement ses presque deux mètres et sa crinière argentée de vieux lion au soleil stroboscopique des nuits briviste. Ainsi, après les ors de Solferino, les jardins de Villeroy, après les mercredis matin chez la Pompadours et les dimanches à flatter le cul des vaches, il faisait face à une horde de réincarnations de Bonnie Tyler corrézienne. Il y en avait là de tous les âges, si bien sûr on démarre à quarante ans, de toutes les tailles et pour tous les goûts, pourvu qu’on aime les cheveux platine et crêpés et montés en d’improbables choucroutes capillaires comme ceux de l’immortelle Bonnie quand elle interprétait « If you were a woman ». La dignité se lisait dans l’attitude du grand homme, l’espoir agitait les corps transpirants des créatures. Qui sait si, enfin, la nuit n’allait pas tenir les promesses que la vie leur avait refusées et offrir à leur vieux jour le souvenir d’une nuit de folie ! (Et pas celle des « débuts de soirée » qui contrairement à leur nom et pour le plus grand malheur de l’humanité et de nos oreilles réunies, pouvait passer à n’importe qu’elle heure.)
La bonne idée dans les boîtes, c’est la nuit. Au hasard des éclairs lumineux, et de ce qu’ils permettaient de deviner des visages cachés sous les perruques peroxydées, il valait mieux, pour tout le monde, jeter le voile pudique de l’obscurité sur les ravages que le temps avait fait subir à ces minois qui avaient connu Giscard Jeune et Hollande populaire. Heureusement, pour moi et la préservation de mes illusions en l’humanité, les lumières ne se sont pas rallumées avant mon départ. Je quittais les lieux laissant là le géant sarthois et ses prétendantes, sacrifier aux rythmes cruels et barbares des années quatre-vingt, sans que m’eût été infligé le spectacle de ces momies trémoussantes, qui pour la plupart devaient avoir… mon âge.

 

« De l’importance d’écrire bien chaussé ».

In Trucs et machins. on 6 novembre 2018 at 9 h 19 min

Suite de mes aventures brivistes.

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Les chaussures les plus sexy du monde !

C’était il y a deux ans, un siècle, une éternité. C’était un samedi soir sur la terre, comme le chante si bien Francis, à Brive, comme le chante si bien Georges, mais pas au marché non, au Cardinal !
Mais, quel est donc cet ecclésiastique qui reçoit nuitamment en province ?
C’est une boîte de nuit, un des ces lieux de perdition ou les jeunes vont, la nuit, faire les bêtises de leur âge, quand les vieux profitent de l’obscurité, pour y faire les âneries d’un autre temps.
Je ne suis point expert en « boîte ». J’ai dû m’y traîner deux ou trois fois, le plus souvent sous la contrainte, je m’y suis endormi deux ou trois fois, toujours sans alcool.
Je décidais donc, ce soir-là, de « sortir », j’allais avec mes idées simples vers des nuits compliquées.
Pour entrer, notre guide, experte en ces contrées, nous fit passer pour d’autres. Voyager incognito est une des clés du bonheur quand on navigue en eau trouble. À l’intérieur, comme le promettait si bien le nom de la chose, il fait nuit ! Nuit, oui, mais bruit aussi ! Certains, peu difficile en la matière, parleront de musique, c’est affaire de goût, je ne jugerais point.
J’allais donc m’asseoir à un endroit stratégique, petite banquette au velours louche qu’il fallait sans doute mieux voir dans le noir pour oser s’y asseoir. La place était idéale, de là j’observais les pistes de danse, mais aussi le comptoir ou les grands fauves allaient à l’abreuvoir.
Mes accompagnateurs, qui le plus souvent étaient « trices », filèrent faire ce que l’on doit faire en ces lieux, sacrifier ce qu’il leur restait de dignité aux dieux de la dance. Elles opérèrent au milieu d’autres adeptes, bougeant plus ou moins bien, se contentant quelquefois d’agiter la tête comme les chiens en plastiques le faisaient sur les plages arrière des R16 de mon enfance. (Ces mêmes R16 qui bien souvent avaient des volants recouverts de fourrures et filaient tout droit vers les Macumbas qui ornaient les nationales aux sorties des belles villes de France.)
Sur la piste, les couples se formaient tandis que les corps se déformaient, la transe et la danse opéraient de concert. La musique était celle qui avait bercé mon adolescence. Les tubes des années 80 revenaient finir de saper les fondements d’une civilisation tout entière, devant mes yeux s’opéraient en un même mouvement les funérailles de mon innocence, du monde civilisé, de la beauté et d’une certaine idée du monde.
C’est alors que la chose s’est produite.
Une créature entre deux âges, c’est-à-dire entre le mien et celui de ma mère, est venue farfouiller à mes côtés. Plongeant ses bras dans un tas de vêtements abandonnés par les adeptes des rythmes syncopés, et bien que pourvu de prothèses oculaire, elle semblait ne rien voir, et surtout ne rien trouver. C’est là que, contre toute attente, et sortant de la réserve qui aurait dû être la mienne, celle du scientifique qui se contente d’observer, mais se refuse à l’intervention, hurlant pour couvrir la voix d’une écervelée des eighties qui parlait « d’exiler sa peur en rouge et noir », j’ai proposé mon aide… Fatal error !
— Je cherche mon pull ! me dit la femme à lunette.
— Je vais vous aider ! Ais-je du faire sans le dire.
Bredouille, pas plus de pull que d’hyménoptère au pôle Nord, je me rassois et me replonge dans ma contemplation de ce monde étrange qui, sous mes yeux, perd huit litres d’eau minutes par le front et les aisselles tout en ingurgitant un litre d’alcool par le gosier. C’est alors que j’ai senti une chose se poser sur mon épaule, à défaut de pull, la créature cherchant aventure venait trouver réconfort.
Dans mon cerveau reptilien, une petite lampe rouge s’alluma juste sous l’inscription, « méfie-toi polo, t’es pas loin d’être dans la merde ».
Soudain, sans prévenir, ce qui est souvent le cas quand c’est soudain, les deux mains de la créature se jetèrent sur mon pied, qui était négligemment posé sur mon genou dans une attitude suffisamment assurée tout en étant négligé pour donner de moi une image valorisante, et, tandis que ces mains m’enserraient la cheville, une voix, celle des deux mains, si tant est que des mains puissent avoir la parole, une voix donc, dit : « Les Weston, ce sont les chaussures les plus sexy du monde ! »… C’était officiel, la chasse venait d’être ouverte, j’avais une bonne gueule de lièvre…
Je suis auteur, j’écris moi, madame, j’ai de la répartie, le sens de la formule, alors dans une de ces envolées lyriques dont j’ai le secret, je crois que j’ai répondu : « C’est possible » ! Consternant !
Un tantinet refroidi, comme un pingouin qui a fait son premier plouf du matin, mais, pas pour autant redescendu, la créature, ayant compris à qui elle avait affaire, décida d’attaquer différemment, c’est par la culture qu’elle m’atteindrait.
— Y avait un article sur Onfray la semaine dernière dans le Point, il a les mêmes chaussures !
Me dit-elle avec l’assurance du chasseur qui vient de mettre deux cartouches dans un lapin, la certitude de celui qui a glissé deux balles dans le juke-box et qui sait qu’il va entendre sa chanson !
— Certainement ! ai-je répondu en avalant difficilement ma salive… Comment désormais assumer le reste de ma misérable existence en marchant dans les chaussures d’un autre, sans le faire à côté des miennes ?
Dépitée, d’un pas mal assuré, trop alcoolisée, la créature s’est levée, elle est retournée voir ses semblables et a tenté en remuant dans un désordre sans cesse renouvelé toutes les parties de son corps transpirant, d’oublier que, croyant chasser un lion, elle venait de passer juste à côté d’un blaireau.
Un peu plus tard je sortais de cet antre endiablé, les oreilles encore bourdonnantes du chant des sirènes Décibels et allait me coucher, seul en face d’une gare qui attendrait encore trois heures que passe son premier train.
Voilà, à Brive j’ai découvert mon véritable pouvoir de séduction et je sais maintenant pourquoi je cire mes chaussures !

 

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