Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

Trucs et machins.

 

 

15 vendémiaire, l’âne

Le voilà, notre héros du jour, il avance, précédé de ses oreilles et de sa réputation, oeil de velours, caractère de cochon. Destin injuste pour ce fidèle et patient compagnon de l’homme, cruelle destinée pour ce travailleur acharné et simple, que de léguer ses oreilles à tous les mauvais élèves de France. Depuis des siècles, son dos est le refuge des simples qui de Bethléem fuient pour éviter le pire, l’ami des princesses qui font des gâteaux en chantant, le camarade des ogres verts et des filles de généraux russes et malgré, à moins que ce ne soit à cause de cela, nos fiers adorateurs de la raison, nos admirateurs des têtes couronnées, pourvues qu’elles soient sur de piques, nos rouges dont les armées sont bleues, lui donnèrent sa journée. Il n’est que l’ami Bosco qui le culotta dans un roman pour contredire ces passionnés de culs à l’air, mais la chose fût écrite bien plus tard et chez cet âne-là, la culotte était instrument de travail, alors…

ane

Aujourd’hui, nous sommes le 11 vendémiaire

… C’est le jour de la patate ! Oup’s pardon, le jour de la pomme de terre !

Un jour pour avoir la fritte, oserions-nous dire sans honte si nous étions dépourvus d’esprit ! Partis chercher de l’or, pas celui « Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines », mais plus celui dont Esteban et Zia cherchent les traces, les conquistadors sont revenus avec des pommes de terre, celles dont l’inca faisait sa galette, on ne peut adorer à la fois les frittes et l’or ! C’est donc un des bienfaits d’une colonisation dont par ailleurs ils ne sont pas friands, sauf bien sûr s’il s’agit de propager les idées libératrices de 89 et l’universalisme de leurs grands soirs, qui se voit attribuer par nos déculottés en goguette, une journée bien à lui ! La pomme de terre est notre ami, elle nous est donnée par l’inca, frittes pas les belges, caviardé par les Russes, gratinés par les dauphins, sautés par un peu tout le monde et un rien maudite par les Irlandais qui, à cause d’elle, durent aller se faire voir chez les cousins d’Amérique, des fois s’ils n’y avaient pas un oncle ! Allez, hop, aux épluches légumes, et corvée de patate !

gs-p-41 - pomme de terre

3 vendémiaires, ça sent la châtaigne.

Celles-là ne sont pas encore à prendre par poignées au bout du fil, la châtaigne est, en ces délicieuses années ou les têtes s’envolent comme les aigrettes du pissenlit, un cadeau que mère nature fait au promeneur du dimanche, à celui qui aime finir la journée au coin du feu quand le jour fuit vers d’autres longitudes et que les brumes de l’automne font places au soleil de l’été. Il faut l’avoir extraite de sa bogue, de la pointe de son couteau incisé un rien pour ne point la voir éclater, jeté dans cette grande poêle pleine de trous qui étonne si fort l’habitant des villes et l’enfant qui passe et attendre que le feu transforme ce fruit en un trésor de parfums, retiré l’écorce charbonneuse, frottée un peu et se salir les doigts, se les brûler un peu aussi, mais c’est là une douleur qui participe au plaisir. Enfin la précieuse amande est devant vous, nue, chaude, fumante… Un rien de beurre et voilà qui achève de transformer le fruit en or !

En ce trois vendémiaires osons cette image, que d’aucuns jugeront inopportune,

la châtaigne grillée est à perde la tête !

chataigne

1 vendémiaire, et non pas 21 septembre

1 vendémiaire, et non pas 21 septembre, bandes de déviationnistes réactionnaires !

Aujourd’hui donc, fêtons le raisin !Vigne-coul

De ses grappes dorées ou rubicondes, naît le fruit de la terre et du travail des hommes pour certains, quand pour d’autre il devint, en ces temps ou les têtes tombaient toute l’année et les feuilles en vendémiaire et brumaire, la source d’un nectar si peux divin qu’il permettait d’oublier les excès auxquels son abus avait mené. Ces raisins furent ceux de la colère, ils donnèrent mille raisons de décoller par milliers minois jolis, trognes mafflues, ports hautains, et autres chefs couverts ou non, perruqués ou pas ! Quand le vin de 89 fut tiré, il fallut bien que 93 le boive… Amis du jour, fêtons donc ce raisin que les premiers frimas apportent sur nos tables et rêvons un moment que ces fruits ne soient plus jamais ceux de la discorde !

30 fructidor, c’est le jour du panier !

Nos amis égalitaires, nos furieux du tous raccourcis, nos amoureux du décolleté pourvu qu’il fût républicain et fait à grand coup de veuve, nos amoureux de la liberté après qu’ils lui ai arraché les ailes, nos amis donc, savent remercier les humbles, les discrets, ceux qui font le sale boulot. Ainsi, ce jour est celui du panier, de la ménagère me direz vous ! De la ménagère vous répondrais-je ! Mais et quid de celui du bureau, cet auxiliaire d’osier qui inlassablement réceptionne corps d’un coté et tête de l’autre ! Mes amis, fêtons l’osier, fêtons les vanniers et leurs oeuvres, aujourd’hui, c’est la saint panier ! (Pour des raisons de commodité, l’article est illustré par un modèle plus classique que celui sus-évoqué)

panier

Aujourd’hui, 29 fructidor, fêtons le marron !

C’est comme ça, pas rancuniers pour deux sous, même si un rien colérique, les amis du rouge, fût il sur les drapeaux ou au pied de l’échafaud, décidèrent de donner au « Marron » sa journée. Vous me direz, et fort à propos, qu’il ne s’agit point là du marron, la couleur, mais du marron le fruit ! Alors, parlons-en du marron ! Ce fruit est fourbe ! Marron il est quand il tombe du marronnier et vient égayer les cours de récréation de la nation tout entière, permettant ainsi à des hordes de petits écoliers et futurs découpeurs de cous, de se les jeter à la figure et à qui mieux mieux, faisant naître ainsi de très jolis bleus, qui eux-mêmes virent facilement au jaune pourvu qu’ils soient autour de l’oeil qu’ils auront mis au beurre noir ! Ce marron-là n’est guère bon qu’a ça, se mettre de bonnes châtaignes ! Mais puisque le mot est lâché, ne lâchons pas la châtaigne qui elle aussi se fait marron et c’est là que l’évidence nous saute au visage comme le marron sus-cité saute aux yeux des écoliers turbulents, la châtaigne est schizophrène ! Cru elle aime à garder son nom, cuite la voilà qui devient marron ! Ce fruit est double, il a deux noms et celui qu’il prend pour être mangé est celui de son cousin non comestible ! Pour comble de l’ironie, la châtaigne à sa fête elle aussi, mais c’est un peu plus tard, nous verrons alors s’il convient de reparler du marron !

Maronier-coul

 

22 fructidor

Aux esprits chagrin et rétrogrades qui me feront remarquer que nous sommes le 8 septembre, je dirais « faut voir » ! Aujourd’hui, grâce à nos bons amis qui, il y a quelques deux siècles et des broutilles défilèrent le séant au grand air, nous sommes le 22 fructidor ! C’est la fête de la noisette ! Voilà un charmant fruit qui s’offre à tous, aux écureuils qui en font leurs miels ou leurs choux gras, ce rouquin est une sorte d’alchimiste de l’alimentation, et aux hommes qui la trempe dans le chocolat avant de l’étaler sur du pain. Il s’est trouvé dans l’histoire un grand militaire pour citer notre fruit au plus fort de la bataille. Aux allemands qui lui proposait la réédition, le général Mc Auliffe, un solide Américain qui avait découvert les joies du vol à voile le 6 juin 1944, et qui se trouvait à ce moment-là du coté de Bastogne répondit d’un court, sec, efficace et simple « Nuts » (noisette en anglais, bande de nazes). La réplique est souvent traduite par un « des clous » beaucoup moins bucolique et assez approximatif. Le général finit par sauver ses noisettes et celles de ses hommes, le Teuton y laissa les siennes ! Allez, bonne fête l’akène !
noisette

5 fructidor !

Et hop, c’est la fin des vacances, mais pas la fin de l’année ! Aujourd’hui et grâce à nos amateurs de bonnets antiques, nous ne sommes pas le « presque la fin du mois d’août », mais le 5 fructidor ! Comme le disait si justement la philosophe Jackie Quartz, « YA déjà moins de soucis à se faire ». Aujourd’hui, célébrons les saumons ! (Et pour les plus gourmands, sachez que demain ce n’est pas la journée du beurre blanc). À l’époque, bénie par certains, honnie par d’autre, ou il fut décidé de célébré ainsi ce salmonidé, il n’était pas tant s’en faut l’invité des nobles tables, il pullulait dans les fleuves girondins et les rivières montagnardes ! Mais le temps a passé, le poisson rose, social traître, est passé par une phase « chic et fêtes » avant de devenir, « pesticides et farines animales ». Allez, bonne fête quand même, pour l’occasion n’oublions pas que le 14 germinal nous fêtons le Hêtre, ce délicieux bois qui fume si bien nôtre impétrant du jour !

saumon - copie

 

21 messidor, et que toujours je menthe!

Amis qui aimez l’été ! Amis qui aimez le frais, non, ce n’est pas incompatible ! Amis qui aimez à faire roulez les têtes dans la sciure, amis qui ne pensez qu’à faire tourner les chefs ! Ce jour est le vôtre ! Nous sommes le 21 messidor ! Et aujourd’hui, sonnez glaçons, résonnez vieux rhum, nous fêtons la menthe ! Laissez le citron vert vous emporter, laissez la glace vous prendre, ensemble crions de joie au génie de ceux qui, il y a deux cents ans et quelques brouettes, eurent, bien avant les café bobo, l’idée de mettre en avant l’un des ingrédients du très fameux Mojito ! Alors enivrons nous aux parfums révolutionnaires venus des terres hospitalières de La Havane, viva l’été, viva la menthe et, que voulez vous, il n’appartient pas au révolutionnaire d’être modéré, allons, paille à la main, perdre la tête au bar !

menthe

 

19 messidor, sur le gâteau!

Amis dont la fête tombe le 14 de ce mois, mais sans doute serait il plus juste de dire le 26 messidor, amis dont les saints sont sans tête à force de l’avoir fait perdre aux autres, amis sachez qu’aujourd’hui, nous sommes le 19 messidor ! Et en ce jour nous célébrons la cerise qui chez les adeptes du grand chambardement reviendras quelques décennies plus tard afin son temps soit chanté ! Elle est là, sur notre gâteau nouveau, sucrée, charnue, brillante, appétissante, rouge, terriblement rouge, mais avec un noyau ! Donc, pour ce jour faites chauffer les fours, faites tourner les mixers, mélangez la farine, le beurre,le sucre, faites fondre le chocolat, pour mettre tout en haut, je vous apporte la cerise ! Ne me dites pas merci, c’est de bon coeur !

Cerisier-coul

 

Ce week-end j’ai pris le train…

Ce week-end j’ai pris le train, notez bien que je n’ai pas fais que ça, mais, ce week-end, j’ai pris le train. Je m’y suis essayé à croquer mes voisins, en deux lignes, en trois mots… Voilà, c’est tout.

Elle n’avait pas de menton, mais elle se payait quand même me luxe de l’avoir en double.

C’était un enfant qui ne ressemblait pas encore à grand-chose, accompagné d’un père qui ne ressemblait déjà plus à rien.

Elle avait autant le sein affolant que le menton absent.

Il avait acheté le figaro et l’équipe. Il avait lu le second et regardé les images du premier. C’était bien un homme du XXI siècle.

Du train, on voyait très bien qu’il n’y avait rien à voir dans le coin.

L’un de ses seins lui tombait sur la taille. L’autre aussi.

Il croquait dans ses chips comme si le bruit produit devait couvrir celui du monde qui s’effondre.

Le train avançait à prix d’or sur des rails d’acier et un soleil de plomb.

Pour se faire croire qu’elle avait des amis, elle avait deux téléphones et s’envoyait des messages de l’un à l’autre.

À la vitesse où nous avancions, il aurait été facile à des Indiens de nous attaquer, même sans chevaux !

Elle ressemblait à s’y méprendre à une de mes amies dont j’avais oublié le visage.

Il était écrit quelque part qu’il n’aurait jamais rien à dire.

Il me proposa de lire l’équipe avant le figaro. C’était la première fois de ma vie que je passais pour un sportif.

De dos il aurait pu passer pour Sean Connery. De face il ne passait pas du tout.

Elle s’était trompée de place dans le train aussi sûrement que d’habits le matin.

Ils vivaient le grand amour sur le petit écran de leurs iPad.

Il avait deux enfants dont l’un n’était pas de lui. Il faisait semblant de croire que cela ne se voyait pas.

Elle le regardait avec les yeux d’un lapin dans les phares d’une voiture. Il l’écrasait aussi sûrement que l’aurait fait la voiture.

Elle s’endormit en lui bavant sur le bras. Il attendit son réveil en rêvant de s’échapper. Elle se réveilla… Trop tard !

Il aurait adoré qu’elle fût belle. Elle avait rêvé qu’il soit beau. Ils s’étaient bien trouvés.

Il contrôlait les billets dans le train et pas grand choses dans sa vie.

Il espérait un retard du train qui lui aurait donné un sursis. Il n’allait pas jusqu’à souhaiter un déraillement qui aurait accompagné celui de sa vie, mais il aurait adoré un changement de voie, un aiguillage.

Il aurait pu marcher plus longtemps, mais pour cela, il aurait fallu qu’il retrouve une paire de jambes.

Il avait rêvé d’être riche. Maintenant il avait des billets pleins les mains, dommage qu’ils soient de train !

C’était une rebelle ! Bien que ce ne fusse pas la saison, elle s’était enturbanné comme un œuf de Pâques.

Il avait un physique à jouer au rugby et une démarche à porter un tutu.

Les ampoules qu’il avait aux pieds éclairaient assez bien sur la façon qu’il avait eue de préparer sa marche.

Elle avançait dans les couloirs du train comme une oie ivre bien qu’elle a la tête d’un bull-dog à jeun.

Il faisait tellement chaud dehors qu’il se servait d’un sèche-cheveux comme d’un ventilateur.

C’était le nettoyeur de chiotte le plus rapide du monde. Il officiait à 300 KM/ h dans le TGV.

Dans le TGV les tunnels donnent la courte nostalgie des trains couchette.

Elle entra encombrée dans les toilettes, elle en sortit embarrassée.

Quand il découvrit ses voisins de carré, il lui prit l’envie de relire Sartre.

Ayant pris du ventre il ne pouvait plus voir ses pieds, ceux-ci le lui rendaient bien en lui faisant mille ampoules.

À la fenêtre du train, il regardait passer les vaches.

Le tracteur arpentait le champ, crachant ses bottes de paille aussi sûrement qu’un cochon d’Inde ses petites crottes noires.

Il semblait réfléchir alors qu’il se savait bien en être incapable.

La fin du voyage s’annonçait longue quand déjà le début n’en finissait pas !

Il avait gardé sa casquette dans le train, sans doute le croyait-il décapotable.

Pour voyager plus confortablement il s’endormit et rêva qu’il était en première.

Pas une seule vache ne leva la tête pour le regarder passer. Chez les bovidés le train était passé de mode.

Dans un champ il pouvait contempler ce qu’il n’avait plus en poche, des champs de blé à l’infini.

L’horizon se couvrait d’emmerdes et le ciel de nuages.

Il venait d’aller plus loin en deux jours à pied qu’il n’aurait pu le faire en avion dans le même laps de temps.

Il avait pris une bière la veille de son accident. Le lendemain on l’y allongeait.

Son train arrêté sous un pont, il mit bien trente secondes à réaliser qu’il contemplait rêveusement un mur de béton.

Elle aurait pu se contenter d’être moche. Elle choisit en plus d’être vulgaire.

Sa mère lui avait tellement dit de finir ses céréales au petit déjeuner qu’il ne laissait jamais une goutte au fond de son verre de whisky.

Elle avait sur son t-shirt le tigre qu’elle ne semblait pas avoir sous le capot.

D’aussi loin qu’il se souvenait il avait toujours tout oublié.

Il avait gardé ses lunettes noires au cas ou il croiserait quelques célébrités. Il aurait détesté que son anonymat ne soit point reconnu.

Il y avait sans doute plus déprimant que de regarder par la fenêtre d’un train, mais il ne se souvenait pas quoi.

Chacune de ses fesses retombait de chaque côté d’un tabouret qui n’avait sans doute rien fait pour mériter cela.

Elle aurait dû se trouver laide, mais elle préféra se chercher du talent.

Il comptait plus souvent sa monnaie que ses amis ne pouvaient le faire sur lui.

Sans doute aurait elle adoré qu’il soit intelligent, mais ni lui ni elle ne savait vraiment ce que cela voulait dire.

Il avait un écouteur sur chaque oreille et pas grand-chose entre les deux.

Il croyait jouer avec elle comme un chat avec une souris, elle s’amusait avec lui comme un tigre avec une chèvre.

Elle laissait dépasser la bretelle de son soutient gorge comme la promesse d’un bonheur à conquérir.

Personne ne l’aurait jamais prise pour une intellectuelle et si elle l’avait su, elle en aurait conçu une tristesse infinie.

D’un de ses téléphones il envoyait des messages, de l’autre il passait des appels. L’un était muet, l’autre aveugle.

À lui on aurait donné le bon Dieu sans confession, à elle, une bonne paire de claques.

Il en avait fini avec sa fortune, il ne lui restait plus que du temps à perdre.

Il avait gagné sa vie sans perdre de temps.

Il avait perdu ses cheveux, elle avait trouvé des kilos.

Quand il regardait son avenir, il prenait son passé dans la gueule !

Elle était belle comme le jour, lui il valait mieux le voir de nuit, ils formaient un beau couple.

Pour faire plus vieux que son âge, il aurait fallu qu’il soit mort.

En regardant par la fenêtre il voyait son propre reflet, il trouvait qu’il faisait un assez beau paysage.

Les deux frères aimaient à se détester, le premier pourrissait la vie du second qui le lui rendait bien.

Il lui était manifestement plus facile de passer pour un con que de passer un examen, fut-il d’urine.

De loin sa silhouette la faisait passer pour jeune, de près sa peau faisait passer toute envie.

Ils n’avaient pas des têtes à être ensemble et il se trouve qu’ils ne l’étaient pas.

Elle adorait être aimée autant qu’elle aimait détester.

6 messidor, le romarin!

Aujourd’hui, 6 messidor, amis joyeux, fêtons le romarin !

Messidor, vient du latin, « Messis », récolte… Il fut un temps où le révolutionnaire parlait le latin…  » O tempora, o mores » aujourd’hui il parle au mieux le Germanopratin, c’est bien aussi, c’est paraît il culturel, mais c’est beaucoup moins universel ! Donc, today is the « romarin’s day » ! Charmante petite plante que celle-ci, qui pousse toute seule au soleil de la Méditerranée. En ce début d’été, elle nous rappelle que vient bientôt le temps des grillades et des barbecues. Mais tel un couteau suisse de la nature, la dame produit aussi, si les abeilles la visitent, un miel des plus savoureux, elle fut l’ingrédient principal d’un parfum célèbre, elle trône chez l’apothicaire… Elle trône ! C’en est trop pour notre ami égalitaire ! Couic ! Voilà notre plante du sud qui se voit coupé par le chef, la voilà qui se retrouve sur le grill, qui aime bien châtie bien… Le révolutionnaire aime beaucoup !

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Aujourd’hui, 30 prairial! Ne l’entendez vous pas?

Amis des déplacements rapides, amis des véhicules modernes et de la vitesse, amis du vent dans les cheveux, du vrombissement du moteur, de l’odeur d’huile chaude et du fumet délicat de l’essence, ce jour n’est pas le vôtre! En effet, aujourd’hui ce sont les « Chariots » qui sont à l’honneur. Nostalgique des départs vers les grandes plaines de l’Ouest, cinéphiles amoureux de ceux qui sont en feux, accrocs de ceux que l’on pousse dans les rayons, cette journée est la vôtre! Nos amis qui connaissent le sens de l’histoire vous offrent aujourd’hui le moyen d’aller dans le bon sens sans pour autant user vos semelles! Révolutionnaires aux pieds fragiles, Girondins à l’arpion sensible, jacobins aux nougats capricieux, vous qui préférez les transports qui font avancer le monde sans négliges ceux qui font perdre la tête, je vous offre ce jour, en voiture camarades, le chariot est avancé!

Pour ceux qui, mauvais esprits, pensent que ce jour est celui de la pelle… C’est en général ce que l’on dit, « la pelle du 18 juin », sachez que ce noble instrument, cet ami du travailleur agricole, du fossoyeur et du pâtissier, est fêté le 30 frimaire (20 décembre).

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Aujourd’hui, 27 prairial… Sainte tisane !

Amis des grands soirs, amis des envolées lyriques et des chants entêtants autant que des gens détêtants, amis des boissons d’hommes et des soirées virils… Aujourd’hui, le calendrier de nos glorieux ancêtres à la pique rageuse célèbre la verveine ! Charmante petite plante qui serait diurétique, il n’y point que le sang et les larmes que les hommes nouveaux ont su faire couler, antipyrétique, n’accusent pas à tort ces bouillants larrons de tout vouloir faire exploser à coup de fièvres révolutionnaires, astringentes, là il faut bien le reconnaître la verveine révolutionnaire avait un coté un rien crispant pour les muqueuses, surtout celle de la gorge, surtout au moment ou s’abattait la lame finale… Encore une minute monsieur le bourreau que nous puissions partager ensemble une tisane amicale.

verveine

Aujourd’hui, 19 prairial , une tisane et au lit!

Aujourd’hui, le tilleul ! Aujourd’hui, 19 prairial !

C’est un beau jour que celui-là, un jour pour aller piqueniquer, pour aller commencer l’été sous l’ombre des tilleuls, et pas le finir comme l’écrit si bien Kleber. Voilà un bien bel arbre pour un bien beau jour, le fournisseur officiel de nos nuits calmes est fêté par ceux qui nous firent des années de tempête ! Allez, laissons tomber les bonnets d’affranchi, passons le rasoir sur nos joues et non plus sur nos cous, dansons tous ensemble sur d’autres airs que celui de la carmagnole, embrassons nous Folleville et puis, une tisane et au lit !

tilleul-arbre-coul tilleul-coul Tilleul

 

17 prairial! Un sureau pour surin!

Amis du rasoir national, fanatique du bonnet sans pompon, cocardier de toutes les provinces, admirateurs sans nuances des lendemains qui chantent et des surlendemains qui dansent, adorateurs des tables rases et des dieux de la raison, aujourd’hui, 17 prairial, c’est le jour du sureau!

Alors là, allez vous me dire avec cette emphase qui vous caractérise, alors là, ça nous fait une belle jambe, une de celle qui permirent à la Sorel de bien le descendre ou à Oscar, de la descendre aussi. Alors là me direz-vous que vient faire cet arbrisseau puant dans tout ça! (Il est vrai que le sureau sent facilement mauvais de sous la feuille, preuve s’il en faut que c’est un honnête travailleur) Je vous dirais qu’il fournit un fruit qui lui-même fait un sirop au vertues pour la gorge à nulle autre pareille! Vous me répondrez que les gorges vous les soignez grâce à ce bon docteur Guillotin! Alors j’implorerais la magie, je sortirais Harry du bois, je parlerais de « la baguette » la seule, l’unique, la baguette de sureau que l’on nomme également « le bâton de la mort » et là je vois poindre une lueur d’intérêt dans le fond de votre oeil si froid, si morne! Cet inoffensif arbre des champs, ce petit compagnon d’un modeste quotidien, ce petit d’entre les grands, ce nain chez les géants, ce ridicule sou les chênes les châtaigniers et autres prétentieux millénaires, le voilà devenu meurtrier et vous voilà devenus heureux! Allez amis du sureau ce jour est le votre, et preuve est maintenant faite que vous avez avec vous celui dont on ne doit pas dire le nom!

sureau

 

 

5 prairial! Le canard et son festival de femme.

Nous sommes, et ne profitez pas du soleil pour y échapper, nous sommes, et ce pont n’est en rien une excuse pour l’oublier, nous sommes le jour du palmarès du Festival de Cannes! Et bien, amis de toujours comme ceux d’un jour, croyez le, ou pas, rien ne vous y oblige, même si en le faisant vous m’obligeriez, nous sommes aujourd’hui le 5 Prairial! Et en ce jour radieux, en ce jour que le soleil a décidé de bénir et les dieux du cinéma de… rien, ces dieux-là n’existent plus depuis longtemps… Les révolutionnaires, ancêtres glorieux de ceux qui en ont et bourreaux prestigieux de ceux qui en eurent, des ancêtres, faut suivre un peu, nos frères humains à la hache un peu preste à la pique un peu leste, ces grands organisateurs d’un futur qu’ils savaient radieux ont fait de ce 5 prairial le jour du Canard! Avouez que deux cents ans avant que le palmarès n’en fasse celui de Cannes! Décidément, tout se féminise, tout devient spectacle! Allons, frères humains qui en même temps que moi vivez, redressant la tête, applaudissons le canard, il est à craindre que le festival de sa poule, la canne, soit cette année encore un rien décevant!

canard

 

 

25 floréal… La carpe!

Hier nous étions le 25 floréal… Et, pour respecter le fêter du jour, je suis resté muet ! Je n’ai rien dit ! En bon révolutionnaire au pied de l’échafaud, j’ai gardé ma dignité dans un silence qui en a dit plus long que n’aurais su le faire de trop posts ! Hier nos amis aux bonnets phrygiens et aux piques acérés avaient choisi de mettre la carpe l’honneur! Alors, avec cette journée de réflexion qui sied aux muets aux sages et aux poissons d’eau douce, bonne fête aux carpes et à toutes leurs familles qui souvent trop longtemps se les sont farcies !

Carpe

 

 

8 floréal, le champignon

Champignon mon ami, ce jour est le tien !

En salade, dans l’omelette ou atomique, à la Grecque, hallucinogènes ou de Paris c’est toute une famille qui est à la fête aujourd’hui. Du cèpe qui peut être girondin comme certains des plus fervents «décolleurs», du pied-de-mouton au petit rosé, de la truffe qui il faut le reconnaître pourrait facilement faire ancien régime la famille est nombreuse ! Une famille qui ne va que sur une patte et garde son chapeau en toutes occasions, révolutionnaire !

cèpe coulemelle girolle morille mousserons pied de moutonrosé trompette de la morttruffe

 

2 Floréal , le chêne

Chêne-coul - copie arbres-chêne-det - copieEt voilà, cela devait arriver, fini germinal, au placard Zola la mine et les bourgeons, il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais celui de Floréal ! Aujourd’hui nous sommes, et vous ne le savez même pas, le 2 Floréal ! Floréal, c’est beau comme un cerisier du japon qui s’épanouit, blanc comme la neige sous un soleil enfin tiède, floréal c’est romantique comme le veneur pakistanais qui le soir au restau vient vous refiler à prix d’or sa rose poussé sous serre sous les tropiques hollandais ! Floréal, un mois dédié aux pétales, à la fragilité à la douceur et à la promesse de fruits à venir… En ce 2 Floréal, fêtons le chêne ! C’est sous lui que Le bon Louis IX rendait la justice, n’allez pas en faire un saint, il vous en coûterait la tête, c’est sous lui aussi que pendouillaient les corps alanguis des suppliciés, le chêne fourni un bon bois pour la justice, qu’il soit accompagné de chanvre ou de fer, le chêne ne plie point ne rompt point, la justice passe, le chêne reste. Ce saint arbre fournit le bois de la barrique et le bouchon de la bouteille, il donne la table pour le boire et le tabouret pour s’asseoir. Pour ceux qui le veulent, il fournit aussi la bière finale, celle qui fait dévorer les pissenlits par la racine, mais pour le pissenlit, c’est une autre affaire, c’est le 26 ventes qu’il est fêté !

 

29 germinal, Myrtile ou myrtille?

myrtille

Alors là… Pour peu que l’on ne soit pas trop loin d’un coussin ou d’une chaise, on en tomberait volontiers sur son séant. Voilà que sous le bonnet phrygien naît l’idée d’associer un prénom à un jour… Harggggggggg… Mais cela ne risque t’il pas de faire par trop ancien régime? Que nenni ! Le prénom n’en est pas un ! Myrtile est un hommage à la myrtille, un prénom pour un fruit, un homme qui se met à la hauteur d’une de plus discrète et petite de nos baies sauvages ! Mais que l’on se rassure, la myrtille est bien révolutionnaire ! Touchez là, cueillez là, et vous aurez bientôt les doigts rouges ! Donc en ce jour de printemps fêtons les Myrtilles, et les myrtilles, si quand ils sont tartes les premiers sont indigestes, il n’en est rien des secondes qui en tartes sont délicieuses !

 

25 germinal, le pigeon !

pigeon

Aujourd’hui, nous fêtons le pigeon…

Saint patron du pare-brise parisien, du contribuable universel et du « trop bon » avec un « C ». Le pigeon aurait pu, comme sa proche cousine la colombe, se faire bien voir en rapportant une branche d’olivier à Noé ou être immortalisé par Picasso, mais non, trop « bon », pour lui ce furent les trottoirs parisiens et les petits poids lardons ! Est-ce un hasard si c’est le jour du pigeon, que sombra le Titanic ?

 

23 germinal, le marronnier !

Faire saint de tous bois, cela aurait pu être la devise de nos délicieux coupeurs de têtes. Ayant résolu de faire du passé table rase, ils firent de tout et du reste les nouveaux saints d’un nouveau temps. Nous voilà donc, c’est manière de parler, je rassure ceux qui ont la sieste lourde, le 23 germinal.
Aujourd’hui, on fête les marronniers!
Saint patron des journalistes et des cours de récré. Il fournit les un en sujets de fond et les autres en marrons. Son bois est à l’ébénisterie ce que la presse est trop souvent à la connaissance du sujet et à son approfondissement, ses marrons sont aux billes des cours de récrée ce que les grandes à manches sont à celles qui éclates au soleil du sud. Notre saint du jour est un bon gars qui sort ses feuilles dès les premiers soleils venus pour nous aider à croire que l’été arrive, mais qui n’hésite pas à les perdre au premier frimas pour nous pousser à quitter la cour et à siffler la fin de la récrée!
(Tout ça pour vous rappeler que je viens de sortir un herbier… Que ne faut il pas faire pour attirer l’attention…)

arbres-maronier Maronier-coul

 

 

21, Germinal…. L’arbre de Judée!

Bandes de petits veinards… Je vais faire de vous des êtres pleins de connaissances, je vais emplir le fragile vase de vos frêles intelligence d’un savoir qui fera votre bonheur et celui de vos proches. Grâce à moi, l’être aimé reviendra, vous pourrez ne pas gagner aux jeux et être heureux, votre chien aboiera en latin et qui sait, vous aurez peut être aussi un sourire de votre voisin, le ronchon, l’irascible, celui qui depuis vingt ans ne vous salue pas et grogne quand il vous voit dans l’escalier. Aujourd’hui, nous sommes le 21 Germinal ! Eh oui, on ne peut pas être le 10 avril comme ça, chaque année sans que l’on finisse par se lasser. Et le 21 germinal, c’est la fête du… Grainier… Mais qu’est donc que ce truc-là me direz vous… Fallait il qu’ils se fassent bien …. nos ancêtres révolutionnaires… oup’s pardon, VOS ancêtres révolutionnaires ! Je viens d’une famille digne moi… On préfère se faire raser gratis plutôt que découper les autres en deux sous prétexte de pensées déviantes… Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre calendrier. Aujourd’hui, nous fêtons donc le « Grainier », qui n’est autre que l’arbre de Judée quand il veux bien donner son petit nom.

Donc, c’est du coté de Jérusalem que naquit notre grainier, petit déjà il manifestait de franche disposition à la camaraderie et offrait ses fleurs à touts vents. Il grandit en taille et en sagesse n’oubliant pas une occasion de faire plaisir à sa maman et d’aider son papa ! Sa vie bascula un soir de 33, environ, quand un nommé Judas vint s’accrocher par le cou à ses branches… Supportant la charge avec vaillance il gagna en sainteté ce que l’autre perdit en vie…

Et voilà ! Bonne fête à tous les Arbres de Judée ! Et à très vite pour une nouvelle fête et un saint de derrière les fagots !

arbre de judée arbre-det arbre de Judée-det

 

 

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Charlie's questions

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des millions de crayons

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charlie 1 copie ces chênes...

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  1. ben dis-moi! quelle profusion! y’en a de très drôles.Elles sont publiées chez qui ?

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  2. Quel plaisir de rentrer dans ce monde ! j’ai beaucoup ri je vais cercher tes books divers et envoyer l’info
    j’aurai beaucoup de plaisir à suivre …et te revoir à un passage à Nantes , lors d’une expo , d’un salon…!!!
    Frédérique Koutsodontis

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