Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

Posts Tagged ‘calendrier républicain’

21 frimaire

In Actu-book., Trucs et machins. on 11 décembre 2017 at 9 h 31 min

21 frimaire, 11 décembre, l’érable (Daniel, Damase)
Voilà un arbre qui mérite sa journée ! Il donne sa feuille à tout un peuple, son sirop à tout le monde, son ombre à celui qui passe, son bois à celui qui reste. Aux enfants il distribue largement ses graines qui s’éparpillent comme autant de petits hélicoptères, charmantes samares que dans la cour on se colle sur le nez pour ainsi jouer au rhinocéros ! Voilà, rien d’autre, aucun reproche, pas d’ombre au tableau hors mis celle qui rafraîchit et qu’il veut bien dispenser en été. Cet arbre n’est pas très révolutionnaire, il est l’ami de tous, le feuillu idéal, celui que l’on rêve de planter, celui que l’on regrette de couper. De couper… Comment nos amis si prompts à tout diviser par la moitié, et qui font généralement de ce qu’ils découpent deux parts fort inégales, comment ces furieux de la hache mécanisés ont-ils pu donner une journée à ce roi qui ne le dit pas, à ce discret empereur des bois ? Et si nous tenions là une preuve, mince je vous l’accorde, de l’humanité ténue qui reste dans les cœurs sanguinolents des furieux de la cocarde.

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17 frimaire

In Actu-book., Trucs et machins. on 6 décembre 2017 at 9 h 36 min

17 frimaire, 6 décembre, le cyprès (Colette, Nicolas)
Heureuse idée que de donner à cet arbre du Sud, un de ces jours ou le vent vient du Nord. Le cyprès dresse sa haute et délicate silhouette dans les campagnes italiennes où il semble le témoin d’un temps qui ne passe pas, d’une éternité calme ! Chez nous, ceux qui l’on mit à l’honneur sont adepte d’un changement permanent, d’une éternité raccourcie à grand coup de lame oblique ! Pauvre géant vert, pas sûr que, contrairement à certains acteurs, il ait aimé ce contre-emploi. Allez, bonne fête aux cyprès et radieuses allergies aux autres.

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15 frimaire

In Actu-book., Trucs et machins. on 5 décembre 2017 at 9 h 21 min

Savez vous vraiment quel jour nous sommes?
15 frimaire, 5 décembre, le chevreuil (Gérald)

Devant cet animal, l’amicale du bonnet d’Asie Mineur s’est vue elle-même, comme dans un miroir ! Il est le même que le roi, mais en plus petit de partout ! Cerf en miniature, majesté du bosquet, quand l’autre l’est de la forêt ! Alors, pour récompenser cette chèvre des sous-bois, les furieux de la Phrygie lui donnèrent sa journée ! Ainsi, c’est ce jour qu’il convient de fêter le chevreuil !

chevreuil

14 frimaire

In Actu-book., Trucs et machins. on 4 décembre 2017 at 9 h 56 min

14 frimaire, 4 décembre, le sapin (Barbara, Barbe)
Le petit garde rouge, version 1789, reste jeune, il coupe des têtes par ici, il rase des Vendéens par là, mais il ne néglige par pour autant de garder son âme d’enfant. C’est bientôt Noël, et même s’il n’est pas question pour lui de céder à l’idolâtre fête au service d’un abrutissement des masses qui n’auras d’autre équivalent que celui qu’apporteront conjointement la télé, Mc Do et France-Inter, le révolutionnaire en caleçon regarde le sapin comme le souvenir d’une époque révolue et heureuse, son enfance ! Il aimerait croire encore aux lendemains qui chantent, mais comment s’égosiller en chœur quand la gorge est soignée par ce bon Guillotin, il aimerait croire que les cadeaux vont tomber du ciel quand il sait que c’est le plomb qui s’abat des cieux. Alors, plutôt que de mettre l’arbre vert en son logis, ce qui immédiatement le ferait passer pour suspect et adepte de l’ancien régime, il le met dans son calendrier ! le révolutionnaire est malin. Donc, aujourd’hui, ça sent le sapin !

sapin

10 frimaire

In Actu-book., Trucs et machins. on 30 novembre 2017 at 9 h 27 min

Savez vous vraiment quel jour nous sommes?
10 frimaire, 30 novembre, la pioche (André)

Le révolutionnaire est teigneux, c’est un écorché vif qui croit bon de faire aux autres dans leurs chairs ce que la nature lui a fait aux sentiments. Alors il aime ce qui pique, ce qui cogne, tranche, abîme, attaque, creuse, défigure, casse, brise, il n’aime rien tant que tout mettre à terre. Alors, pensez si la pioche lui inspire amitié et respect, il lui offre une journée, elle lui offre des têtes, il lui donne ses mains, elle lui arrache des larmes, elle est bonne fille à qui sait la manier, une pioche dans une tête, et voilà en un instant la tête qui cesse de mal penser. C’est sans doute ce que ce bon Léon qui, sous le soleil de Mexico, passait une retraite non désirée, un exil sur papier doré, un exercice quotidien de la condition du bourgeois repu, pensa quand la version montagnarde de la pioche vint lui mettre une bonne fois pour toutes dans le crâne que la révolution est un bloc et que quand on la prend dans la gueule ça fait mal !

pioche

7 frimaire

In Trucs et machins. on 27 novembre 2017 at 9 h 25 min

7 frimaire, 27 novembre, le chou-fleur (Séverin)

En voilà un qui est tout étonné de se retrouver là, lui, le classique, le traditionnel, le pépère des campagnes, celui qui pousse chez les Bretons, ces têtes dures, rétives au changement et qu’il fallut remettre dans le droit chemin à grand coup de pique là ou ça fait mal, comment aurait-il pu imaginer que les coupeurs de têtes, les furieux de la pique, viennent en procession lui offrir une journée ? Il est vrai qu’une fois sa journée finit, on lui fait la fête à ce chou-là ! Et avec une sauce encore, une sauce délicieusement ancien régime, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout jeter et le palais, pour plaire à ses papilles, se fait plus tolérant que les habitants de la montagne ou de la Gironde ne le furent avec ceux du château. Allez, filez braves gens et, de ce chou-là, faites bombances, sa tête bien faite, c’est sur un plat qu’il vous l’offre.

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5 frimaire

In Trucs et machins. on 25 novembre 2017 at 9 h 30 min

5 frimaire, 25 novembre, le cochon (Catherine)

 

Nos amis a la lame facile, nos si admirables citoyens qui octroyèrent au plus grand nombre le droit délicieux de se faire couper, raz derrière les oreilles, le poil et le cou, ces citoyens le savaient bien, tout est bon dans cette merveilleuse journée du 5 frimaire. Un jour à partir nez au vent, sandwich au jambon dans la poche, un jour pour se féliciter d’avoir comme meilleur ami celui qui nous donne tout pour presque rien, ses pieds panés, ses travers à griller, sa poitrine fumée, son andouillette, ses rillettes, ses rillons, son museau, sa queue, sa tête en fromage, ses fesses en jambon !

Merci à toi, oh sabreur furieux, décapsuleur généreux, de célébrer celui qui se sacrifie sur l’autel du charcutier pour le bonheur de nos papilles ! Et, oh sublime délicatesse, de ces poils, pour cet ami de rose vêtue le mot s’est fait soie, voilà que l’on fait des pinceaux, voilà qu’après avoir nourri nos corps ce cochon-là est prêt à libérer nos âmes en de fougueux élans artistiques ! Merci, oh frère, tu n’es guère rancunier, toi dont le langage sans cesse se sert pour décrire ce qui chez l’homme est le pire ! Du cochon avoir la tête n’est guère flatteur, pas plus que le caractère, du porc avoir les mœurs n’est point enviable, pas plus que d’avoir son gras ni son écriture. Alors, bonne fête à toi ami et, nous ne le savons que trop, nul autre n’est notre copain comme cochon.

cochon

19 germinal, le radis

In Trucs et machins. on 6 avril 2016 at 8 h 24 min

gs-p-41 - radis

Voilà une plante que le révolutionnaire à bien des raisons de mettre à l’honneur. Simple, discret, banal, le radis est un petit sur la table, il ne vaut en définitive que par le pain et le beurre qui l’accompagnent. Le radis ne fait l’objet d’aucune grande recette, nul ne le servira à une table royale ou présidentielle, nul ne s’enorgueillit de le mettre à son menu. Et voilà que notre raphanus sativus se retrouve mêle à une expression qui résume bien à elle seule l’état des troupes quand les furieux, les amis de la raison quand elle est déesse, chacun se retrouve bientôt, à ne plus avoir un radis. Il reste qu’à grand coup de rasoir ces gens-là nous envoient les manger par la racine, mais là, c’est au pissenlit qu’échoit ordinairement ce traitement.

Allez, bons radis quand même ! (Merci au pain et au beurre)

 

5 germinal, la poule

In Trucs et machins. on 25 mars 2016 at 9 h 40 min

Oh ! Je vous vois venir avec vos gros sabots lubriques ! Pas ça chez nous ! Cette poule-là est honorée par des sans-culottes qui ont de la vertu ! Comment avez vous pu, ne serait-ce qu’un instant, croire que la poule du jour avait des plumes en boa quand partout elle en a ! Cette poule-là pond des oeufs, l’autre pas, cette poule là trouves des vers, l’autre les siffle, cette poule-là à des poussins, l’autre préfère les coussins, cette poule là vit le jour au grand air, l’autre aime la nuit les petits salons enfumés ! Voilà vous savez maintenant qu’elle est notre belle du jour ! Allez, vive la poule sans oublier toutes celles qui ce week-end seront en chocolat.

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4 germinal, la tulipe

In Trucs et machins. on 24 mars 2016 at 9 h 17 min

Un oignon une fleur ! La tulipe est-elle une révolutionnaire ? Cache t’elle sous ses fragiles pétales l’ognon de la discorde, à moins que ce ne soit l’onion de la logique ? (Y-a pas plus et pas moins de raison pour ce dernier qu’il n’y en avait pour le précédent.) Le furieux du bonnet, le fana du rasoir à bascule, le pourfendeur d’ancien régime qui sans le savoir, à défaut de lendemains qui chantent, installait un avenir radieux qui permettrait à certains de s’installer dans de confortables régimes ou les anciens s’accrocheraient à leurs fauteuils comme d’autres le faisaient à leurs privilèges, le savait il ce cul nu qui pique à la main et tête d’un autre à son bout allait par les villes et par les champs promener ses idées nouvelles à la recherche de quelques nouvelles victimes expiatoires, avait il conscience que la fleur si simple à laquelle il donnait ce jour avait en son temps été objet de folles spéculations ? Lui avait on dit que ce « i » qui un jour devait disparaître serait à lui seul symbole d’une révolution qui file bon train vers son futur en saccageant celui des autres et en faisant du passé table rase croyant ainsi faire du futur un pays de bisounours ou les poneys arc-en-ciel feraient des cacas papillons. En attendant, laissons à la tulipe ce jour qui est le sien. Sachons la garder un peu plus longtemps pour la voir voir évoluer, la voir elle, si fier si droite si raide, vieille tout en souplesse se tordre en peu et trouver dans sa vieillesse un charme qu’elle n’avait point jeune. C’est au moment de mourir et de laisser un à un ses pétales tomber sur la table que la tulipe est belle et émouvante quand son bouquet devient fol. Allez, avec ou sans « i », laissons là ses oignons qui ne sont pas les nôtres et sachons profiter des fleurs qui sont pour nous ! Bonne fête les tulipes !

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3 germinal, l’asperge

In Trucs et machins. on 23 mars 2016 at 9 h 21 min

C’est le printemps, les oiseaux chantent, les bourgeons bourgeonnent et les asperges turgessent. Bonne idée que de donne à ces délicieuses petites choses une journée rien que pour elles. Mais, quand on connaît le tempérament un rien sanguin du révolutionnaire moyen, quand on sait son goût pour faire rouler les têtes, faut il s’étonner que ce dernier, quand il découvrit que l’asperge se butte, n’ai pus résister à donner son jour à cette tige, lui qui toute la journée bute à tout va, ventile, éparpille, disperse… Et voilà notre met, que ce bon La Quintinie fit pousser pour Capet le quatorzième, ce met qui à Versailles était royal, le voilà républicain et non-saint de ce calendrier inventé par des furieux qui à force de couper des chefs n’osaient plus regarder vers le ciel. Allez, en ce jour de l’asperge, allons de ce pas préparer une petite sauce mousseline, ou vinaigrette pour les flemmards et hop, à table !

gs-p-41 -asperge

2 germinal, le platane

In Trucs et machins. on 22 mars 2016 at 9 h 29 min

En voilà un qui mérite sa journée. Ce géant qui ombrage les routes de nos vacances, ce vieillard toujours vert qui peut atteindre les 4000 ans et garder toutes ses feuilles quand le révolutionnaire parvenait difficilement à garder sa tête plus de quelques mois. C’est à l’abri de son ombre que se passent les journées les plus chaudes des étés rêvés de nos enfances si lointaines. Alors que le printemps tarde à pointer le bout de ses feuilles, il faut bien reconnaître un petit tort à ce phare des routes estivales, ce grand débonnaire est un rien flemmard, il ne sort ses feuilles que très très tard. Allez, un verre, deux glaçons et ce que vous voudrez de liquide, un platane, du soleil et vive les vacances. Il est possible qu’à son ombre même les plus furieux des coupeurs de têtes aient fait une pause et laisser à quelques ci-devant leurs têtes en place un peu plus longtemps.

Platane-coul

24 ventôse, la pâquerette…

In Trucs et machins. on 14 mars 2016 at 19 h 53 min

Paquerette-coul

Ami des petites fleurs des champs, ami de la poésie simple et des joies enfantines, ce jour est le vôtre. Aujourd’hui, célébrons cette enfant de la prairie, cette bonne fille de la campagne et fidèle compagne de l’humble mauvaise herbe. Elle que l’on aime à effeuiller, oh, je vous vois venir avec vos grosses Louboutins, vous allez me jeter à la figure vos marguerites par brassées… Mais, moi qui vous parle, moi dont les joies sont simples et les plaisirs modestes c’est sur cette pauvresse de prés que j’ai testé mes amours débutantes pour, plus souvent qu’a mon tour, finir sur le fatidique « pas du tout ». Écologiste avant l’heure, le révolutionnaire se refuse à martyriser cette délicate qui ne lui a rien fait, ainsi, pour tester son amour, le révolutionnaire est aussi capable d’amour, ce n’est pas la chose qui est la plus évidente chez lui, mais sachez qu’il y eut des Robespierre lecteurs de Barbara Cartland, des Danton qui pleurèrent sur Céline Dion et autres Marrat qui s’évanouirent devant la trop évidente beauté plastique de « Plus belle la vie »… Aussi, et ceci dans l’unique but de préserver des fleurs sans défense, les romantiques aux bonnets cocardés préférèrent-ils à coup de lame oblique jouer à « il m’aime, un peu…. » Les pétales restèrent en place tandis que les têtes roulaient dans la sciure… Allez, bonne fête à toutes les pâquerettes !

27 Pluviôse, le noisetier

In Trucs et machins. on 15 février 2016 at 11 h 28 min

noisette

De tous les habitants de nos forêts, il est loin d’être le plus grand, le plus haut, le plus fort, le plus gros, le plus rare, le plus cher, le plus plus… Non, le noisetier est discret, frêle, fragile, il n’est pas du bois dont on fait des charpentes pas plus que des commodes marquetées, sauf si bien sur on est un écureuil. Un parfait petit candidat à la révolution donc, un petit de chez les petits, un humble chas les humbles un qui grandit à l’ombre des autres, un dont la tête ne dépasse jamais, un qui regarde le chêne d’en bas qui du châtaignier ne voit que les racines, du hêtre le pied. Mais voilà, ce discret n’est pas celui que l’on croit ! Il fournit en noisette l’écureuil, ce parfait petit bourgeois qui accumule et cache un peu partout se noisettes comme un petit porteur ses actions dans mille banques. Le noisetier fourni au sourcier la baguette, non pas celle de Harry ou de celui dont on ne doit pas dire le nom, au sourcier dis-je pas au sorcier, la baguette de coudrier, car c’est le second nom du noisetier , celui qu’il prend pour passer incognito et donner de l’eau à tous pour pas un assignat fut il émit par Talleyrand et ses copains. Voilà donc que nos amis aux bonnets presque grecs et un rien turcs se montrent peux rancunier et offre à ce si peu révolutionnaire arbuste sa journée. Bon, remarquez qu’il lui donne une de ces journées ou pas un feuillu ne met la feuille dehors où le bourgeon au balcon. C’est en hiver quand il est à poil que le noisetier est célébré par le révolutionnaire.

9 pluviôse, le peuplier

In Trucs et machins. on 28 janvier 2016 at 9 h 37 min

peuplier

Et voilà que le furieux de l’égalité donne son jour au peuplier ! Un jour pour cet arbre qui borde les rivières et transporte les tomates, un jour pour ce chevelu des bords de routes qui l’été agite ses feuilles dans un bruissement délicat, un jour pour cette chandelle des champs qui pousse en moins de cent ans, pour ce rapide de la poussée ! Il faut dire que cet arbre avait tout pour plaire aux yeux de nos égalitaires de chaque instant, son nom a lui tout seul le rend sympathique pour les adeptes du bonnet phrygien et de la chemise sans col pour tous ! Il viendrait de « populus », le peuple en latin, car il ombrageait les places publiques de la Rome antique, d’autres donnent comme étymologie le fait que, souple, cet arbre « plie » quand vient le vent ! Un arbre qui s’adapte aux éléments déchaînés, un arbre qui abrite le peuple qui sort dans la rue ! Il n’en fallait pas plus pour qu’il mérite d’avoir son jour ! Alors, si vous en croisez un aujourd’hui dans la rue, dans un champ ou ailleurs, n’oubliez pas de saluer le peuplier.

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