Paul Beaupère. Un ordinaire de Supers-héros.

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Croquis du matin-193

In Actu-book., Trucs et machins. on 28 avril 2016 at 7 h 42 min

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19 germinal, le radis

In Trucs et machins. on 6 avril 2016 at 8 h 24 min

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Voilà une plante que le révolutionnaire à bien des raisons de mettre à l’honneur. Simple, discret, banal, le radis est un petit sur la table, il ne vaut en définitive que par le pain et le beurre qui l’accompagnent. Le radis ne fait l’objet d’aucune grande recette, nul ne le servira à une table royale ou présidentielle, nul ne s’enorgueillit de le mettre à son menu. Et voilà que notre raphanus sativus se retrouve mêle à une expression qui résume bien à elle seule l’état des troupes quand les furieux, les amis de la raison quand elle est déesse, chacun se retrouve bientôt, à ne plus avoir un radis. Il reste qu’à grand coup de rasoir ces gens-là nous envoient les manger par la racine, mais là, c’est au pissenlit qu’échoit ordinairement ce traitement.

Allez, bons radis quand même ! (Merci au pain et au beurre)

 

5 germinal, la poule

In Trucs et machins. on 25 mars 2016 at 9 h 40 min

Oh ! Je vous vois venir avec vos gros sabots lubriques ! Pas ça chez nous ! Cette poule-là est honorée par des sans-culottes qui ont de la vertu ! Comment avez vous pu, ne serait-ce qu’un instant, croire que la poule du jour avait des plumes en boa quand partout elle en a ! Cette poule-là pond des oeufs, l’autre pas, cette poule là trouves des vers, l’autre les siffle, cette poule-là à des poussins, l’autre préfère les coussins, cette poule là vit le jour au grand air, l’autre aime la nuit les petits salons enfumés ! Voilà vous savez maintenant qu’elle est notre belle du jour ! Allez, vive la poule sans oublier toutes celles qui ce week-end seront en chocolat.

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4 germinal, la tulipe

In Trucs et machins. on 24 mars 2016 at 9 h 17 min

Un oignon une fleur ! La tulipe est-elle une révolutionnaire ? Cache t’elle sous ses fragiles pétales l’ognon de la discorde, à moins que ce ne soit l’onion de la logique ? (Y-a pas plus et pas moins de raison pour ce dernier qu’il n’y en avait pour le précédent.) Le furieux du bonnet, le fana du rasoir à bascule, le pourfendeur d’ancien régime qui sans le savoir, à défaut de lendemains qui chantent, installait un avenir radieux qui permettrait à certains de s’installer dans de confortables régimes ou les anciens s’accrocheraient à leurs fauteuils comme d’autres le faisaient à leurs privilèges, le savait il ce cul nu qui pique à la main et tête d’un autre à son bout allait par les villes et par les champs promener ses idées nouvelles à la recherche de quelques nouvelles victimes expiatoires, avait il conscience que la fleur si simple à laquelle il donnait ce jour avait en son temps été objet de folles spéculations ? Lui avait on dit que ce « i » qui un jour devait disparaître serait à lui seul symbole d’une révolution qui file bon train vers son futur en saccageant celui des autres et en faisant du passé table rase croyant ainsi faire du futur un pays de bisounours ou les poneys arc-en-ciel feraient des cacas papillons. En attendant, laissons à la tulipe ce jour qui est le sien. Sachons la garder un peu plus longtemps pour la voir voir évoluer, la voir elle, si fier si droite si raide, vieille tout en souplesse se tordre en peu et trouver dans sa vieillesse un charme qu’elle n’avait point jeune. C’est au moment de mourir et de laisser un à un ses pétales tomber sur la table que la tulipe est belle et émouvante quand son bouquet devient fol. Allez, avec ou sans « i », laissons là ses oignons qui ne sont pas les nôtres et sachons profiter des fleurs qui sont pour nous ! Bonne fête les tulipes !

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3 germinal, l’asperge

In Trucs et machins. on 23 mars 2016 at 9 h 21 min

C’est le printemps, les oiseaux chantent, les bourgeons bourgeonnent et les asperges turgessent. Bonne idée que de donne à ces délicieuses petites choses une journée rien que pour elles. Mais, quand on connaît le tempérament un rien sanguin du révolutionnaire moyen, quand on sait son goût pour faire rouler les têtes, faut il s’étonner que ce dernier, quand il découvrit que l’asperge se butte, n’ai pus résister à donner son jour à cette tige, lui qui toute la journée bute à tout va, ventile, éparpille, disperse… Et voilà notre met, que ce bon La Quintinie fit pousser pour Capet le quatorzième, ce met qui à Versailles était royal, le voilà républicain et non-saint de ce calendrier inventé par des furieux qui à force de couper des chefs n’osaient plus regarder vers le ciel. Allez, en ce jour de l’asperge, allons de ce pas préparer une petite sauce mousseline, ou vinaigrette pour les flemmards et hop, à table !

gs-p-41 -asperge

2 germinal, le platane

In Trucs et machins. on 22 mars 2016 at 9 h 29 min

En voilà un qui mérite sa journée. Ce géant qui ombrage les routes de nos vacances, ce vieillard toujours vert qui peut atteindre les 4000 ans et garder toutes ses feuilles quand le révolutionnaire parvenait difficilement à garder sa tête plus de quelques mois. C’est à l’abri de son ombre que se passent les journées les plus chaudes des étés rêvés de nos enfances si lointaines. Alors que le printemps tarde à pointer le bout de ses feuilles, il faut bien reconnaître un petit tort à ce phare des routes estivales, ce grand débonnaire est un rien flemmard, il ne sort ses feuilles que très très tard. Allez, un verre, deux glaçons et ce que vous voudrez de liquide, un platane, du soleil et vive les vacances. Il est possible qu’à son ombre même les plus furieux des coupeurs de têtes aient fait une pause et laisser à quelques ci-devant leurs têtes en place un peu plus longtemps.

Platane-coul

24 ventôse, la pâquerette…

In Trucs et machins. on 14 mars 2016 at 19 h 53 min

Paquerette-coul

Ami des petites fleurs des champs, ami de la poésie simple et des joies enfantines, ce jour est le vôtre. Aujourd’hui, célébrons cette enfant de la prairie, cette bonne fille de la campagne et fidèle compagne de l’humble mauvaise herbe. Elle que l’on aime à effeuiller, oh, je vous vois venir avec vos grosses Louboutins, vous allez me jeter à la figure vos marguerites par brassées… Mais, moi qui vous parle, moi dont les joies sont simples et les plaisirs modestes c’est sur cette pauvresse de prés que j’ai testé mes amours débutantes pour, plus souvent qu’a mon tour, finir sur le fatidique « pas du tout ». Écologiste avant l’heure, le révolutionnaire se refuse à martyriser cette délicate qui ne lui a rien fait, ainsi, pour tester son amour, le révolutionnaire est aussi capable d’amour, ce n’est pas la chose qui est la plus évidente chez lui, mais sachez qu’il y eut des Robespierre lecteurs de Barbara Cartland, des Danton qui pleurèrent sur Céline Dion et autres Marrat qui s’évanouirent devant la trop évidente beauté plastique de « Plus belle la vie »… Aussi, et ceci dans l’unique but de préserver des fleurs sans défense, les romantiques aux bonnets cocardés préférèrent-ils à coup de lame oblique jouer à « il m’aime, un peu…. » Les pétales restèrent en place tandis que les têtes roulaient dans la sciure… Allez, bonne fête à toutes les pâquerettes !

27 Pluviôse, le noisetier

In Trucs et machins. on 15 février 2016 at 11 h 28 min

noisette

De tous les habitants de nos forêts, il est loin d’être le plus grand, le plus haut, le plus fort, le plus gros, le plus rare, le plus cher, le plus plus… Non, le noisetier est discret, frêle, fragile, il n’est pas du bois dont on fait des charpentes pas plus que des commodes marquetées, sauf si bien sur on est un écureuil. Un parfait petit candidat à la révolution donc, un petit de chez les petits, un humble chas les humbles un qui grandit à l’ombre des autres, un dont la tête ne dépasse jamais, un qui regarde le chêne d’en bas qui du châtaignier ne voit que les racines, du hêtre le pied. Mais voilà, ce discret n’est pas celui que l’on croit ! Il fournit en noisette l’écureuil, ce parfait petit bourgeois qui accumule et cache un peu partout se noisettes comme un petit porteur ses actions dans mille banques. Le noisetier fourni au sourcier la baguette, non pas celle de Harry ou de celui dont on ne doit pas dire le nom, au sourcier dis-je pas au sorcier, la baguette de coudrier, car c’est le second nom du noisetier , celui qu’il prend pour passer incognito et donner de l’eau à tous pour pas un assignat fut il émit par Talleyrand et ses copains. Voilà donc que nos amis aux bonnets presque grecs et un rien turcs se montrent peux rancunier et offre à ce si peu révolutionnaire arbuste sa journée. Bon, remarquez qu’il lui donne une de ces journées ou pas un feuillu ne met la feuille dehors où le bourgeon au balcon. C’est en hiver quand il est à poil que le noisetier est célébré par le révolutionnaire.

9 pluviôse, le peuplier

In Trucs et machins. on 28 janvier 2016 at 9 h 37 min

peuplier

Et voilà que le furieux de l’égalité donne son jour au peuplier ! Un jour pour cet arbre qui borde les rivières et transporte les tomates, un jour pour ce chevelu des bords de routes qui l’été agite ses feuilles dans un bruissement délicat, un jour pour cette chandelle des champs qui pousse en moins de cent ans, pour ce rapide de la poussée ! Il faut dire que cet arbre avait tout pour plaire aux yeux de nos égalitaires de chaque instant, son nom a lui tout seul le rend sympathique pour les adeptes du bonnet phrygien et de la chemise sans col pour tous ! Il viendrait de « populus », le peuple en latin, car il ombrageait les places publiques de la Rome antique, d’autres donnent comme étymologie le fait que, souple, cet arbre « plie » quand vient le vent ! Un arbre qui s’adapte aux éléments déchaînés, un arbre qui abrite le peuple qui sort dans la rue ! Il n’en fallait pas plus pour qu’il mérite d’avoir son jour ! Alors, si vous en croisez un aujourd’hui dans la rue, dans un champ ou ailleurs, n’oubliez pas de saluer le peuplier.

25 frimaire, le chat

In Trucs et machins. on 14 janvier 2016 at 9 h 39 min

Le révolutionnaire est un visionnaire ! C’est du moins comme ça qu’il aime à se penser quand il brûle la moitié d’un pays ou d’un de ses habitants, « c’est pour ton bien lui dit il, tu comprendras plus tard » ! Le révolutionnaire est un visionnaire, deux cents ans avant tout le monde, lui seul savait, lui seul avait compris comment évoluait notre société, comment les choses allaient tournées, il savait pour Facebook, il avait deviné pour Instagram et autres Snapchat ou YouTube, le révolutionnaire sait tout avant tout le monde, et c’est pour ça qu’il est souvent un incompris ! Je vois déjà poindre dans l’oeil inquiet de mes lecteurs l’étincelle de bienveillance qui les amenait facilement à appeler les pompiers pour les diriger vers chez moi après avoir lu ce qui précède… Tant de bienveillance à l’égard de ceux qui confondent souvent têtes des autres et jeux de boules à la plage… L’auteur n’aurait-il pas abusé de quelques substances illicites ? Mais que nenni ! Aujourd’hui le révolutionnaire à choisit de fêter les « chats » ! Le chat, ce héros moderne dont la figure envahit nos écrans, dont les chutes font nos rires et les « si mignonnes bouilles attachantes, touchantes, et si craintes » font nos larmes… Il y a deux siècles, le révolutionnaire savait déjà, en donnant sa journée au chat, que le félin aurait raison de notre raison, que nous sombrerions dans une « chadolatrie » de fin du monde… Allez, bonne fête les matous !

19 nivôse, le marbre

In Trucs et machins. on 8 janvier 2016 at 15 h 59 min

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C’est sans doute ainsi qu’il lui faut rester ! Seule la fin justifiant les moyens, celui qui entre autres curieuse idée eut celle de donner au marbre sa journée, se devait d’accueillir les événements qui à l’époque secouèrent le royaume avec flegme et calme, comme un Britannique sait le faire depuis que le premier d’entre eut été dévoré sans cuisson préalable par le dernier des dinosaures. Alors, en ce 19 nivôse, jour qui voit l’astre radieux gagner sur les ombres de la nuit et apporter à tous ses lumineux rayons et les bienfaits de son action, alors comme notre imaginatif inventeur d’un calendrier nouveau, sachons nous aussi le rester, de marbre !

15 nivôse, le lapin

In Trucs et machins. on 4 janvier 2016 at 9 h 30 min

lapin

Si l’hirondelle ne fait pas le printemps, voilà que notre rêveur de mondes merveilleux fait de ce petit léporidé des champs, un digne représentant de l’hiver. Longtemps, ce Jeannot aux grandes oreilles a doublé les manteaux de sa douce fourure, mais c’était, à n’en pas douter, à son corps défendant. Aujourd’hui, la bouteille de boisson gazeuse recyclée fait merveille pour remplacer avantageusement la peau du cousin de Panpan. Dans une casserole il est vrai, les merveilleuses colonnes du bienheureux Turreau durent en faire, entre deux ou trois brûlots d’église, de délicieux civets. Nôtre ami rongeur n’est pas aujourd’hui révolutionnaire pour deux sous, à franchement parler, il serait plutôt le digne représentant de la cuisine de papa, voire même de grand-papa, pour tout dire, un plat d’ancien régime, à défaut de régime tout court ! Allez, sortez la moutarde, préparez les terrines, aujourd’hui, c’est la saint lapin ! Oup’s, pardon, c’est le jour du lapin ! Que Robespierre me pardonne.

11 nivôse, le granit

In Trucs et machins. on 31 décembre 2015 at 10 h 39 min

granit

voilà que le révolutionnaire oublie toute tendresse, il honore le dur, le fort, le roc ! Notre ami, mais si, mais si, c’est quand même un peu nôtre ami, choisit à son tour de construire sur le roc, et comme d’autre avant lui c’est sur une pierre qu’il veut fonder le Nouveau Monde qu’il appelle de ses voeux, celui qui doit apporter joie bonheur et félicité à chacun ! Bon, en attendant il apporte surtout des charrettes de têtes fraîchement rasées, des villages qui flambent comme des crêpes à la Chandeleur ! Mais en ce dernier jour de l’année d’un temps qui n’est plus et en ce onzième d’un mois d’un temps qui ne durera guère, souhaitons à tous que dès demain le pavé de granit ne vienne s’abattras sur nos visages ravis et encore un peu bouffis des excès de la veille ! Allez, bonne année à tous, et bonne fête au granit !

29 frimaire, l’olive

In Trucs et machins. on 19 décembre 2015 at 10 h 23 min

Olivier-coul
Ce cadeau que les dieux grecs ont laissé à l’homme et que notre mer à tous fait mûrir en son pourtour, ce trésor qui rend la salade inoubliable et la tomate délectable, cet or liquide qui ruisselle sur les coteaux ensoleillé et fait se dorer les patates et rend malade la dorade, c’est l’olive ! À l’apéro, dans tous les plats, dans tous ses états, il faut reconnaître à notre ami révolutionnaire une délicieuse intention envers ce fruit discret d’un arbre si sage. Mais, sait-il nôtre furieux du bonnet, que cet arbre est celui qui vit le Christ, monter au calvaire ou prier son dernier soir… Ami de la raison et de sa déesse, as tu pensé à demander à celui que tu honores s’il était jureur…

22 frimaire, la bruyère

In Trucs et machins. on 12 décembre 2015 at 10 h 16 min

Bruyère

Petite, délicate, discrète, elle sème ses jolies petites clochettes sur la lande, pousse là où les autres ont renoncées, elle offre ses fleurs au ciel et ses racines aux hommes qui en font les fourneaux de leurs pipes. Voilà que par extraordinaire, les gros godillots chargés de boue et tachés de sang des furieux de l’égalité dut elle être appliquée à grands coups de rasoirs, se sont penchés sur cette humble servante de la beauté pour lui donner sa journée ! Amis qui connaissez une bruyère, aujourd’hui c’est sa fête, ne l’oubliez pas.

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